Les ventes d’art ancien à Londres

Les ventes d’art ancien qui commencent aujourd’hui à Londres sont d’un niveau particulièrement élevé avec un grand nombre d’œuvres de premier plan, qu’il s’agisse de peintures ou d’objets d’art.


1. Johann Liss (vers 1595/1600-1631)
La Tentation de sainte Marie-Madeleine
Huile sur toile - 98,8 x 125,8 cm
Vente Sotheby’s Londres, 3 juillet 2019
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page
2. Sano di Pietro (1406-1481)
Saint Donat repoussant le dragon
Tempera sur panneau - 21,8 x 36 cm
Vente Sotheby’s Londres, 3 juillet 2019
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

Nous commencerons notre revue par Sotheby’s, avec un chef-d’œuvre de Johann Liss (ill. 1), ce peintre allemand actif à Venise au XVIIe siècle (comme on nous l’a fait remarquer : tous les grands peintres vénitiens du XVIIe étaient allemands ou autrichiens, soit Liss, Loth et Schönfeld !). Les œuvres de Liss, mort jeune à un peu plus de trente ans, sont rares et de grande qualité, ce qui explique l’estimation stratosphérique de cette peinture (4 à 6 millions de livres).
Tout autre siècle : un joli panneau de Sano di Pietro (ill. 2), l’un des plus importants peintres siennois du XVe siècle. Il s’agit d’un élément de prédelle montrant Saint Donnat face au dragon ; un autre panneau provenant de la même prédelle est conservé à l’Université de Yale.


3. Matthias Stomer (vers 1600-après 1650)
Sarah menant Agar à Abraham
Huile sur toile - 113 x 169 cm
Vente Sotheby’s, 3 juillet 2019
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page
4. Michele Marieschi (1710-1743)
Caprice architectural avec une rivière et un temple gothique
Huile sur toile - 49,8 x 74,5 cm
Vente Sotheby’s, 3 juillet 2019
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

Nous ne suivrons pas, pour cet article, d’ordre chronologique ni par écoles. L’œuvre suivante est une grande toile de Matthias Stomer (ill. 3), artiste parfois inégal mais qui se montre à son meilleur dans ce Sarah menant Agar à Abraham. Quant à Michele Marieschi, nous avons déjà dit ici combien cet artiste - mort jeune - était sous-estimé par rapport par exemple à Canaletto et Guardi. Ce n’est pas le superbe Caprice architectural (ill. 4) que présente Sotheby’s qui nous fera revenir sur notre opinion.


5. Francesco Salviati (1510-1563)
Christ portant sa croix
Huile sur panneau - 42,2 x 39,7 cm
Vente Sotheby’s Londres, 4 juillet 2019
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page
6. Giuseppe Maria Crespi (1665-1757)
La Nativité
Huile sur cuivre - 24,7 x 18,3 cm
Vente Sotheby’s, 4 juillet 2019
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

Un Christ portant sa croix, au cadrage très resserré comme les aimaient les peintres italiens du XVIe siècle, est dû à Francesco Salviati (ill. 5), avec pourtant une estimation plus que raisonnable de 40 000 à 60 000 £. Comme un petit tableau sur cuivre de Giuseppe Maria Crespi (ill. 6), il est proposé dans la vacation de la journée, censée présenter les tableaux moins importants. On y trouve pourtant souvent des joyaux comme ces deux œuvres.


7. Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)
La Fontaine d’amour
Huile sur toile - 47 x 37,5 cm
Vente Sotheby’s, 3 juillet 2019
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

Pour terminer cette énumération des beaux tableaux présentés chez Sotheby’s (qui aurait pu être plus longue), nous publions l’extraordinaire Fontaine d’Amour de Fragonard (ill. 7) que Pierre Rosenberg décrivait justement comme une « étude merveilleusement vaporeuse, peinte avec une grande légèreté ». D’autres versions existent, au Getty Museum et à la Wallace Collection.
Nous publierons enfin deux dessins dans une vente qui n’est pas moins belle : celui de Canaletto (ill. 8), l’une de ces grandes feuilles dont cet artiste avait le secret, et une œuvre de Fuseli (ill. 9). Mais nous aurions pu tout aussi bien illustrer cet article avec une sanguine de Watteau ou une étude pour une Visitation de Rosso Fiorentino.


8. Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto (1697-1768)
La Présentation du doge à Saint-Marc
Plume, encre brune, lavis gris, rehauts de blanc - 38,1 x 55 cm
Vente Sotheby’s Londres, 3 juillet 2019
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page
9. Henry Füseli (1741-1825)
La Psychostasie d’Achille et Memnon
Lavis gris, brun et rose - 47,8 x 33 cm
Vente Sotheby’s Londres, 3 juillet 2019
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

Les ventes Christie’s ont commencé aujourd’hui et nous n’avons pas pu parler à temps de celle des dessins qui a eu lieu cette après-midi et où l’on trouvait de très belles feuilles. Nous nous contenterons d’en reproduire deux. L’une par Jacopo Palma le Jeune (ill. 10), cédée pour seulement 5 625 £ (avec les frais), ce qui prouve que l’on peut acheter de beaux dessins anciens pour des sommes - relativement - raisonnables, et l’autre, de l’école espagnole du XVIIe siècle (ill. 11), qui était estimée seulement 2 à 3 000 £ et qui s’est vendue à un prix nettement plus élevé (16 250 £ avec les frais). Peut-être l’acheteur a-t-il trouvé l’auteur de cette superbe étude pour une Annonciation.


10. Palma Giovane (vers 1550-1628)
Anges escortant les âmes vers le ciel
Craie noire, plume et encre brune, lavis et rehauts de blanc - 28,1 x 17,1 cm
Vente Christies Londres, 2 juillet 2019
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page
11. Espagne, XVIIe siècle
Étude d’une Annonciation
Craie noire, plume et encre brune - 24,8 x 19,9 cm
Vente Christie’s Londres, le 2 juillet 2019
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

Dans les deux ventes de tableaux anciens, l’un des plus beaux chez Christie’s est incontestablement un Saint Jérôme de Giovanni Battista Moroni (ill. 12), presque monochrome et tout en nuances.
Autre tableau italien, plus vieux de deux siècles mais non moins spectaculaire : une scène de genre par Gaspare Traversi, sans doute un des chefs-d’œuvre de cet artiste (ill. 13).


12. Giovanni Battista Moroni (1520/1524-1578)
Saint Jérôme
Huile sur toile - 81,3 x 99 cm
Vente Christie’s Londres, 4 juillet 2019
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page
13. Gaspare Traversi (1722-1770)
Vieille femme entreprenant un vieil homme
Huile sur toile - 77,2 x 101,4 cm
Vente Christie’s Londres, 4 juillet 2019
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

L’histoire de l’art pose de nombreuses questions : c’est ainsi qu’une peinture (ill. 14) jadis donnée à Pierre Paul Rubens - il s’agit incontestablement d’une œuvre d’un artiste gravitant dans son orbite - est aujourd’hui celui d’un anonyme avec un nom de convention amusant : le Maître des Amazones de Charles Cressent. L’œuvre, en effet, avait appartenu à l’ébéniste. On pensait qu’il s’agissait d’un Rubens de jeunesse, son auteur reste encore à identifier.


14. Maître des Amazones de Charles Cressent (actif vers 1610-1650)
La Bataille des Amazones
Huile sur panneau - 71,7 x 122,5 cm
Vente Christie’s Londres, 4 juillet 2019
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

Comme chez Sotheby’s, la vente de la journée propose certaines œuvres de premier plan. Nous retiendrons ici un petit polyptyque de Cornelis van Poelenburgh (ill. 15) et un Saint François de Bernardo Strozzi, une image dure sans doute, mais magnifique (ill. 16).


15. Cornelis van Poelenburgh (vers 1586-1667)
Triptyque Van Wittenhorst
Huile sur panneau et papier marouflé sur panneau - 28,3 x 37,2 cm
Vente Christie’s Londres, 5 juillet 2019
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page
16. Bernardo Strozzi
Saint François en extase
Huile sur toile - 64,7 x 54,6 cm
Vente Christie’s Londres, 5 juillet 2019
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

Nous terminerons cet article sur la vente d’une partie d’une collection Rothschild avec des œuvres d’art dont la qualité est telle que chacune mériterait d’être reproduite ici. Nous nous contenterons de reproduire ici une paire de cabinets à décor de marqueterie Boulle (ill. 17) et dix émaux de Leonard Limosin (ill. 18) parmi d’autres tout aussi beaux.


17. Attribué à Hendrik Van Soest
Paire de cabinets en marquterie Boulle
240 x 140 x 53 cm
Vente Christie’s Londres, 4 juillet 2019
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page
18. Leonard Limosin (vers 1505-1575/1577)
Dix plaques représentant des apôtres
Émaux - 13 x 13 cm chacun
Vente Christie’s Londres, 4 juillet 2019
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

Permettons nous un regret, néanmoins : celui que Christie’s ait choisi de vendre séparément, en trois lots, deux commodes de BVRB (celle-ci, et celle-ci) et les deux encoignures qui leur sont associées. Ce n’est jamais une bonne chose de séparer ainsi des œuvres qui sont parvenues ainsi, après plusieurs siècles, ensemble jusqu’à nous.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.