Un buste de Verner Åkerman rejoint les collections du Musée de Stockholm

Verner Åkerman (1854-1903)
Pierre Louis Alexandre, 1885
Terre cuite - 43 x 36,5 x 24 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum
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14/10/19 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - La manière de représenter les Noirs dans l’art français après l’abolition de l’esclavage a récemment fait l’objet d’une exposition au Musée d’Orsay (voir l’article). Il s’agissait de montrer comment ils sont progressivement décrits comme des individus et non plus comme des stéréotypes. Parmi les personnalités mises en valeur dans le parcours, Joseph fut un modèle salarié de l’École des beaux-arts qui apparaît par exemple dans le Radeau de la Méduse.

En Suède, un certain Pierre Louis Alexandre (1844-1905) gagnait sa vie non seulement en travaillant sur le port, mais aussi en tant que modèle à l’Académie des beaux-arts de Stockholm.
Né en Guyane, il était arrivé dans le pays en 1863 et apparaît dans les archives sous le nom suédois de Pettersson et d’Alexandersson. Il posa pour différents peintres tels que Johan Krouthén, Karin Bergöö-Larsson, Anders Zorn ou encore Oscar Björck, qui lui font porter un turban, un costume oriental ou bien le montrent torse nu, afin de lui faire incarner différents personnages de l’Orient. Il servit aussi de modèle à des sculpteurs, notamment Carolina Benedicks-Bruce et surtout Verner Åkerman qui en 1885 réalisa un buste en terre cuite, récemment acquis par le Nationalmuseum de Stockholm dans une vente de Bukowskis le 12 novembre 2018.

Åkerman étudia à l’Académie des beaux-arts de Stockholm de 1883 à 1887. Il reçut une médaille pour sa statue en plâtre Längtan 1887, et obtint une bourse qui lui permit de se rendre à Paris où il resta dix ans. Il visita aussi Florence, Rome et Naples en 1890-1891.
Le sculpteur représente son modèle avec réalisme : ses traits sont individualisés, il est sobrement habillé d’une chemise. Pourtant, il est difficile de déterminer s’il s’agit d’un portrait ou d’une tête de caractère, une figure exotique. L’identité de Pierre Louis Alexandre en effet n’était pas précisée lorsqu’elle fut exposée en 1885, l’œuvre étant intitulée Zambo. Elle rejoint dans les collections quatre autres sculptures de l’artiste, notamment le buste d’une jeune femme en terre cuite, mais aussi des nus allégoriques incarnant l’abandon et le gel du printemps.

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