Achat d’un tableau de Thomas Blanchet par le Musée des Beaux-Arts de Lyon

9/7/19 - Acquisition - Lyon, Musée des Beaux-Arts - Artiste d’origine parisienne, élève de Jacques Sarazin puis sans doute de Simon Vouet, Thomas Blanchet, après un séjour romain entre 1647 et 1653, s’installa à Lyon en 1655 où il fit une grande carrière officielle. Devenu le peintre officiel de la ville et son premier peintre en 1675, il y conçut de nombreux décors dont trois sont encore partiellement conservés : celui de l’Hôtel de Ville où restent en place les peintures de l’escalier d’Honneur et trois plafonds dans les salons ; celui de l’abbaye des Dames de Saint-Pierre (aujourd’hui Musée des Beaux-Arts) où il joua le rôle de maître d’œuvre, les décors sculptés prédominants dans l’escalier et le réfectoire étant exécutés par Nicolas Bidaut, Simon Guillaume et Marc Chabry tandis que les peintures du même réfectoire étaient déléguées à Louis Cretey ; et enfin celui de l’ancien Palais de Justice, détruit, dont les peintures subsistent encore dans le nouveau après avoir été déposées pour être conservées.


1. Thomas Blanchet (1614-1689)
Le Sacrifice de la fille de Jephté
Huile sur toile - 172 x 202 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie Descours
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Lorsqu’il était à Rome, Blanchet se fit surtout connaître pour ses caprices architecturaux proches de Jean Lemaire. Il évolua néanmoins vers une manière de plus en plus baroque qu’il développa à Lyon dans ses décors mais également dans les tableaux de chevalet. Le Musée des Beaux-Arts de Lyon vient d’acheter une très belle peinture de cet artiste auprès de la galerie Michel Descours (ill. 1).
Vendue en 2016 par la SVV PBA à Paris, sous le titre Le Sacrifice d’Iphigénie et seulement « attribuée à » Thomas Blanchet, cette toile était inconnue du catalogue raisonné de Lucie Galactéros-de Boissier paru en 1991 chez Arthena. Il s’agit en réalité du sacrifice de Jephté, un thème fort proche mais dont est absent Diane et la biche qui doivent se substituer au dernier moment à Iphigénie. Jephté n’eut pas cette chance, exécutée par son père qui avait promis de sacrifier la première personne qu’il rencontrerait après sa victoire contre les ennemis d’Israël.


2. Thomas Blanchet (1614-1689)
La Mort de Didon
Huile sur toile - 162 x 195 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Dijon
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Si l’historique et la destination première de l’œuvre ne sont pas connus, elle peut être rapprochée d’un autre tableau d’esprit fort semblable de Thomas Blanchet conservé au Musée des Beaux-Arts de Dijon : La Mort de Didon (ill. 2). S’il ne s’agit pas de pendants (la différence d’échelle notamment rend la chose impossible), on retrouve cependant dans les deux toiles une composition proche autour d’une scène funèbre. De même, de nombreuses figures sont très comparables de l’une à l’autre. Notons toutefois que La Mort de Didon est d’un esprit plus français, plus proche de Charles Le Brun que ne l’est Le Sacrifice de Jephté, à l’influence vénitienne évidente, ce qui témoigne des tensions dans l’art de Blanchet, tiraillé entre la France et l’Italie.

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