Acquisition d’un panneau de Jean Bellegambe par le Musée de la Chartreuse

Jean Bellegambe
(vers 1470- vers 1535)
Sainte Barbe, vers 1509-1513
Huile sur bois - 87 x 28,9 cm
Douai, musée de la Chartreuse
Photo : musée de la Chartreuse
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15/6/11 - Acquisition - Douai, Musée de la Chartreuse - Le musée de la Chartreuse à Douai vient d’acquérir une délicate Sainte Barbe, peinte en grisaille, de Jean Bellegambe, natif de la ville. Ce panneau a été acheté 110 000 € à un marchand d’art anversois, Bernard Descheemaeker, avec l’aide du Fonds régional d’acquisition des musées (FRAM), qui devrait assurer 40% de la somme environ (soit 40 000 à 50 000 €). Notons que l’œuvre fut proposée aux enchères par Christie’s le 24 juin 2004, seulement « attribuée à » ; estimée 2 000/4 000 €, elle fut adjugée 15 275 €. On ne peut pourtant pas reprocher à la dynamique Anne Labourdette d’avoir raté cette vente puisque la jeune femme n’est à la tête du musée que depuis 2007

Cette judicieuse acquisition permet d’enrichir le fonds du musée qui possède un nombre assez conséquent d’œuvres de ce peintre hélas mal connu, notamment un Martyre de sainte Barbe (vers 1528), mais aussi deux volets du polyptyque de L’Immaculée conception, dont la partie centrale est perdue (1526), un étonnant panneau représentant Sainte Anne concevant la Vierge (vers 1515-1520) et, bien sûr, le fameux polyptyque de La Trinité (vers 1511-1515), chef-d’œuvre de Bellegambe, commandé par Charles Coguin, abbé d’Anchin entre 1508 et 1546. Celui-ci fut un commanditaire fidèle et ses armoiries se retrouvent non seulement sur le triptyque du Bain mystique (conservé au Palais des Beaux-Arts de Lille), mais aussi sur cette gracile Sainte Barbe que Charles Sterling proposa en 1955 de mettre en relation avec un portrait de l’abbé d’Anchin à genoux, attribué à l’artiste et conservé au Metropolitan Museum. Les deux peintures (de mêmes dimensions) formeraient le volet extérieur d’un triptyque, la martyre côté face et l’abbé sur le revers. Egalement conservé au Metropolitan, le triptyque du Cellier (1508) montre sur ses volets le même type de figures en grisaille.

Mais c’est pour son sens du coloris qu’est célèbre Bellegambe ; surnommé le « Maître de la couleur », il connut un succès indéniable de son vivant et reçut de nombreuses commandes pour les monuments civils et religieux de la région, à Douai, Arras, Cambrai, pour les abbayes de Flines, Anchin, Marchiennes… Sa technique légère et son coloris raffiné sont proches des créations de l’Anversois Metsys et du Brugeois Gérard David.
En France, on peut aussi admirer ses œuvres dans la cathédrale d’Arras (L’Adoration de l’enfant Jésus et Le Christ aux bourreaux ), aux musées de Chaalis (volets d’un retable) et d’Angers (Vierge à l’enfant) ou encore au Louvre (Saint Adrien). A l’étranger, outre le Metropolitan museum, l’Art Institute de Chicago conserve une Sainte Catherine et une Sainte Barbe, plus apprêtée que celle de Douai ; le récit du Salut se disperse enfin entre l’Ermitage de Saint-Pétersbourg qui présente le triptyque de L’Annonciation (vers 1516-1517), le Muzeum Narodowe de Varsovie qui détient le triptyque de la Déploration du Christ et le Staatliche Museen de Berlin, Le Jugement dernier.

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