Acquisition d’un tableau de Jan Steen par le Mauritshuis

1. Jan Steen (1626-1679)
Moïse foulant la couronne de Pharaon, vers 1670
Huile sur toile - 78 x 79 cm
La Haye, Royal Picture, Gallery Mauritshuis
Photo : Mauritshuis
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27/5/11 - Acquisition - La Haye, Mauritshuis - Riche de quatorze tableaux du truculent Jan Steen, le Mauritshsuis en possède désormais un quinzième : Moïse foulant la couronne de Pharaon (ill 2). Appartenant à un collectionneur privé, la toile était en dépôt au musée entre 2008 et 2011 avant d’être récemment achetée avec l’aide de la Loterie BankGiro, mécène fidèle depuis 1998. Le Mauritshuis met en valeur sa nouvelle acquisition dans le cadre d’une exposition Le sel de la vie : Jan Steen au Mauritshuis, jusqu’au 13 juin 2011, confrontant les œuvres qu’il possède avec d’autres prêtées par des musées ou issues de collections particulières.

Cette peinture d’histoire vient judicieusement compléter l’ensemble de portraits et scènes de genre qui font la réputation de l’artiste décrivant avec humour tavernes et paysans, une foire de village, un arracheur de dents, un médecin ou encore la provocante Mangeuse d’huîtres, tandis que certains tableaux s’inspirent directement de proverbes : Comme les vieux chantent, les enfants babillent.
Le petit Moïse pleurniche plus qu’il ne babille et Jan Steen, dont on connaît quelque soixante-dix peintures d’histoire, décrit avec la même verve un sujet biblique peu connu, tiré des Antiquités judaïques de Flavius Josèphe et repris d’un midrash : Moïse jouant sur les genoux du pharaon lui dérobe sa couronne et la foule aux pieds. L’événement est interprété comme un mauvais présage et le conseiller du pharaon demande la mise à mort de l’enfant. Un des prêtres propose cependant de le mettre à l’épreuve en lui demandant de choisir entre un sac de pièces d’or et une coupe de charbons ardents. L’enfant se tourne (ou trébuche providentiellement) vers les charbons et se brûle les lèvres, ce qui expliquera ses difficultés d’orateur.


2. Jan Steen (1626-1679)
Moïse foulant la couronne de Pharaon, vers 1670
Plume, pinceau, encre de Chine,
sanguine, gouache - 24,4 x 27,4 cm
Oxford, Ashmolean Museum
Photo : Ashmolean Museum
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Une étude préparatoire au tableau, conservée à l’Ashmolean Museum (ill. 2), est d’autant plus intéressante que l’on conserve très peu de dessins de l’artiste. Elle comporte un détail supprimé sur la toile : à côté de la couronne git la statuette d’une idole dont la vision aurait provoqué le geste malencontreux de Moïse ; cette précision du récit est signalée dans le Speculum humanae salvationis (début du XIVe siècle).
Au Palais des Beaux-Arts de Lille, Jan Lievens l’Ancien propose une version plus lisse et mesurée de la scène, avec un Pharaon moins avachi, un Moïse moins renfrogné, des conseillers moins patibulaires. Jan Steen s’intéressera vers 1660 à un autre épisode de l’Exode : Moïse frappant le rocher (Philadelphie, Museum of Art).

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