Acquisitions de Montréal à la Tefaf

18/3/19 - Acquisitions - Montréal, Musée des Beaux-Arts - Le Musée des Beaux-Arts de Montréal a acquis trois œuvres à l’ouverture de la foire de Maastricht (celles-ci sont en réalité en cours d’acquisition, la procédure n’étant pas close). Toutes les trois sont françaises, aux alentours de 1900.


1. Sarah Bernhardt (1844-1923)
Autoportrait en chimère, 1880
Bronze - 30 x 30,5 x 34 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Jack Kilgore Gallery
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La première, achetée chez Jack Kilgore, est un encrier en bronze de Sarah Bernhardt où l’actrice, qui était aussi sculpteur, s’est représentée elle-même avec un corps de lion ou de griffon, des ailes de chauve-souris et une queue de poisson (ill. 1). Un exemplaire de cette œuvre, tantôt appelée Autoportrait en chimère ou Autoportrait en sphinx, peut-être celui du Museum of Fine Art de Boston, fut exposé à Londres puis à New York en 1880, peu de temps après son exécution. Une terre cuite, sans doute préparatoire, est conservée au Musée Carnavalet.
Il est intéressant de comparer cette petite sculpture au tableau de Georges Moreau de Tours que nous avons publié dans notre article sur la Tefaf. On y trouve en effet le même intérêt pour les ailes de chauve-souris, un animal souvent utilisé par les artistes de la fin du siècle.


2. Clément Massier (1844-1917)
Le Mont Fuji, 1900
Faïence émaillée irisée - 42 x 30,5 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Oscar Graff
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Le deuxième objet est une plaque de Clément Massier, acquise chez Oscar Graff, représentant un paysage avec le Mont Fuji (ill. 2). Cette œuvre possède son étiquette de la Maison de Siegfried Bing, célèbre marchand qui se spécialisa d’abord dans l’art japonais puis dans les objets du style Art nouveau qu’il contribua à révéler au public. En représentant une scène japonaise, cet objet constitue donc une synthèse des centres d’intérêt de Bing. Si l’encrier de Sarah Bernhardt était déjà marqué par les débuts de l’Art nouveau, cette plaque japonisante en fait pleinement partie.


3. Émile Schuffenecker (1851-1934)
Portrait d’homme de profil, vers 1896
Huile sur papier marouflé sur carton - 46 x 54,5 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie Matthieu Néouze
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La troisième œuvre relève, en un certain sens, également de cette esthétique. il s’agit d’un portrait d’homme de profil, par l’ami de Gauguin et collectionneur de Van Gogh, Charles Émile Schuffenecker (ill. 3), acheté à la galerie Mathieu Néouze. Si le modèle n’est pas pour l’instant identifié, le musée est sur une piste et devrait probablement publier le nom du personnage représenté. L’œuvre, qui date des environs de 1896, évoque l’art de Van Gogh, et trahit également une esthétique déjà Nabie même si l’artiste ne fit pas partie de ce groupe ; les motifs décoratifs qui bordent la toile, un animal couché qui peut évoquer un sphinx et des végétaux en volutes sont quant à eux typiques de l’Art nouveau. L’œuvre est incontestablement un chef-d’œuvre de Schuffenecker, artiste qui peut se révéler d’une inspiration inégale.

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