Acquisitions récentes du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

1. Jean-Robert-Nicolas Lucas
de Montigny (1747-1810)
Antoinette Clavel dite La Sainte-Huberty
dans le rôle d’Iphigénie
, 1784
Plâtre - 61,5 x 19 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie Kugel
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22/1/18 - Acquisitions - Bordeaux, Musée des Beaux-Arts - Les Amis du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux ont offert, en décembre 2017, un buste en plâtre original par le sculpteur d’origine rouennaise Jean-Robert-Nicolas Lucas de Montigny (ill. 1). Élève de Pigalle, celui-ci ne fut pas admis à l’Académie royale de peinture et de sculpture, ce qui ne l’empêcha pas de mener une carrière active de portraitiste et d’exposer régulièrement aux Salons de 1791 à 1808, sans néanmoins atteindre à la célébrité que son talent aurait dû lui valoir. Il est l’auteur de nombreux bustes de contemporains célèbres, dont Voltaire et Rousseau. Le Louvre conserve celui de Mirabeau qui fut sans doute le père naturel de son fils.
L’œuvre acquise pour le Musée des Beaux-Arts auprès de la galerie Kugel à Paris, signée et daté de 1784, représente Antoinette Clavel, dite La Sainte-Huberty, jouant le rôle d’Iphigénie dans Iphigénie en Taurine de Gluck. La Sainte-Huberty, qui fut l’une des plus célèbres cantatrices du temps de Louis XVI eut une vie très mouvementée qui finit tragiquement puisqu’elle fut assassinée en 1810 avec son second mari, le comte d’Entraigues, par un de leurs domestiques stipendié par les services secrets anglais, afin de récupérer les papiers du comte.
Mirabeau, qui fut l’amant de la femme du sculpteur, fut aussi celui d’Antoinette Clavel. Lucas de Montigny l’avait aussi représentée dans le rôle de Didon, une œuvre commandée par Mirabeau, dont le plâtre est aujourd’hui conservé au Louvre.


2. Adolf Ulrik Wertmüller (1751-1811)
Portrait présumé de monsieur Baour, 1789
Huile sur toile - 64 x 54 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Bordeaux
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3. Adolf Ulrik Wertmüller (1751-1811)
Portrait présumé de madame Baour, 1789
Huile sur toile - 64 x 54 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Bordeaux
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Deux portraits ont été offerts au musée en 2017 par Monsieur et Madame Geoffroy de Luze (ill. 2 et 3). Il sont dus à un artiste suédois Adolf Ulrik Wertmüller, qui après avoir étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Stockholm, fut élève à Paris de Joseph-Marie Vien. Il fut un grand voyageur, se rendant successivement à Rome, puis à Lyon, revint à Stockholm où il fut nommé peintre de Gustave III ; il s’installa à Bordeaux entre 1788 et 1790 avant de partir pour l’Espagne, puis pour les États-Unis où il mourut en 1811.
Les deux œuvres offertes au musée ont été peintes pendant son séjour bordelais en 1789 et étaient restées dans la famille des modèles. Ils viennent rejoindre au musée quatre autres portraits de la main de Wertmüller (dont deux sont déposés au Musée des Arts décoratifs de la ville).


4. Attribué à Jean-Jacques Lagrenée (1739-1821)
Portrait du colonel Poudavigne, vers 1813-1815
Huile sur toile - 65 x 54 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Bordeaux
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En 2017, le musée a reçu en legs, d’Éliane Barral, un tableau représentant le colonel Poudavigne (ill. 4), fusilier au 2ème régiment d’infanterie légère, officier de l’armée napoléonienne plusieurs fois décoré. La croix d’officier de la légion d’honneur qu’il porte permet de dater l’œuvre d’après 1813. Son auteur, en revanche, reste à identifier avec certitude. Il pourrait s’agir d’une œuvre de Jean-Jacques Lagrenée le Jeune ou d’Anthelme-François Lagrenée, fils de Louis Jean François Lagrenée, beaucoup moins connu que son père et que son oncle, qui fut élève de François-André Vincent.

5. John Martin (1789-1854)
Macbeth et les trois sorcières, vers 1849-1851
Huile sur carton - 20 x 30,5 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Bordeaux
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Le musée a récemment acquis une huile sur carton par le peintre anglais John Martin (ill. 5), auprès de la galerie londonienne Lowell Libson. Grâce à cet achat, il devient le seul musée français avec le Louvre (qui avait acheté Le Pandémonium en 2006 - voir la brève du 13/12/06) à conserver une peinture de cet artiste britannique de premier plan.
L’œuvre, qui date de la fin de sa carrière, vers 1849-1851 représente Macbeth et les trois sorcières dans un paysage rocheux et au ciel tourmenté. Outre une toile, non localisée, exposée en 1820, on connait une autre peinture de Martin sur le même thème, également vers 1820, conservée à la National Gallery of Scotland.
Cette huile sur carton vient enrichir, grâce à un sujet littéraire, un fonds anglais surtout formé de portraits (Joshua Reynolds, Allan Ramsay, Thomas Lawrence notamment).


6. Camille Roqueplan (1803-1855)
Famille de pêcheurs sur une côte de Normandie, 1830
Huile sur toile - 27,5 x 41,8 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Bordeaux
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En 2017 également, le musée a acheté auprès de la galerie L’Horizon Chimérique à Bordeaux un tableau figurant une famille de pêcheurs sur une côte de Normandie par Camille Roqueplan (ill. 6). Celui-ci, dans cette scène balnéaire, se montre proche de celles d’artistes comme Philippe-Auguste Jeanron ou Eugène Le Poittevin, nés comme lui dans la première décennie du XIXe siècle. Due à un peintre également connu pour ses tableaux à sujet littéraire ou historique, elle vient rejoindre au musée un fonds conséquent d’œuvres d’artistes romantiques tels qu’Eugène Isabey, Paul Huet, ou, bien sûr, Eugène Delacroix.


7. William Bouguereau (1825-1905)
Autoportrait en chapeau haut de forme, 1882
Crayon noir - 28 x 23 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Bordeaux
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8. Odilon Redon (1840-1916)
Paysage du Médoc, 1867
Fusain - 59,6 x 70 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Bordeaux
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Plusieurs dessins sont entrés récemment dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux. Un Autoportrait en chapeau haut de forme de William Bouguereau (ill. 7), acheté aux enchère le 8 avril 2017 chez Briscadieu à Bordeaux, qui vient rejoindre deux peintures (une Bacchante et Le Jour des morts et quatre autres feuilles de cet artiste ; un grand Paysage du Médoc d’Odilon Redon (ill. 8) offert par Robert Coustet, mécène fidèle du musée, qu’il avait déjà déposé au musée et qui fut montré à l’exposition sur le paysages de Redon fin 2016-début 2017 (nous n’avions pas vu celle-ci) ; un second autoportrait, enfin, par le bordelais Albert Marquet (ill. 9), acquis à la même vente que celui de Bouguereau.
Pour l’année 2016, nous avions omis l’achat, dans une vente du 16 juin 2016 de la SVV Jean-Emmanuel Prunier, pour 2800 € (sans les frais), d’un dessin d’Eugène Delacroix (ill. 10) d’après un tableau de Rubens, Le Martyre de saint Just, conservé au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.


9. Albert Marquet (1875-1947)
Autoportrait
Plume et encre noir - 14,7 x 14 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Bordeaux
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10. Eugène Delacroix (1798-1863)
Le miracle de saint Just, d’après Rubens
Crayon noir - 23,5 x 36,5 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Bordeaux
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On conclura cet article en signalant aussi le don par les Amis du musée de la série complète de 27 lithographies de la Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert par Odilon Redon, et les dons et legs de trois œuvres du XXe siècle, un Paysage aux ruines, huile sur carton de 1929 par Pierre Molinier, un bronze d’Alexandre Callède, de 1949, Faune couché à la flûte de Pan, et un dessin de Robert Charazac, de 1949, La Baraque de saint Antoine.

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