Acquisitions récentes du Musée des Beaux-Arts de Rennes

12/3/18 - Acquisitions - Rennes, Musée des Beaux-Arts - Nous avons pris du retard pour rendre compte des acquisitions récentes du Musée des Beaux-Arts de Rennes qui poursuit néanmoins une politique active d’achats, complétée par des dons. C’est ainsi qu’il s’est enrichi en 2016 de plusieurs œuvres que nous traiterons ici par ordre chronologique.


1. Noël Coypel (1628-1707)
Allégorie de la Félicité Publique
Huile sur toile - 36 x 46 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Rennes
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2. Noël Coypel (1628-1707)
Allégorie de la Félicité Publique
Huile sur toile
Rennes, Parlement
Photo : auteur inconnu (domaine public)
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La première est une esquisse de Noël Coypel pour le décor du Parlement de Bretagne, représentant La Félicité Publique. On sait que ce bâtiment, édifié entre 1618 et 1655, fut décoré par Charles Errard qui se fit aider sur ce chantier par le jeune Coypel. L’ensemble a heureusement survécu au terrible incendie qui a ravagé le monument en 1994.
La répartition des tâches entre les deux peintres est encore sujet à discussion, certains y voyant une invention de Charles Errard en partie réalisée par Coypel, d’autres au contraire en donnant la paternité à Coypel. L’esquisse achetée par Rennes auprès d’une collection particulière présente quelques différences avec la réalisation finale (ill. 2), notamment dans la position de la tête de la figure principale, et l’absence du caducée, qui est avec la corne d’abondance l’un des deux attributs de la Félicité publique.
Rennes, par ailleurs le musée de région le plus riche en œuvres de Noël Coypel, conservait déjà trois dessins et une esquisse de cet artiste préparatoire au décor du Parlement. Nous n’avions pas parlé en son temps de cette dernière esquisse, offerte en 2006 par les Amis du musée. Nous l’illustrons donc ici (ill. 2).


3. Noël Coypel (1628-1707)
Allégorie de la Félicité Publique
Huile sur toile - 43,5 x 35,6 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Rennes
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4. François Valentin (1738-1805)
Jean Ier Duc de Bretagne remettant la charte de fondation
de l’abbaye de Prières à un moine cistercien
, 1784
Huile sur toile - 168 x 144 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Rennes
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Les artistes bretons ou ayant travaillé en Bretagne sont rares au XVIIIe siècle, mais presque tous étaient représentés à Rennes par des peintures : Jean-François Huguet, Pieter d’Angilis ou Colin de la Biochaye, à l’exception notable du plus important d’entre eux, François Valentin, auquel le musée avait consacré une rétrospective en 1986.
Cette lacune (notons néanmoins que des dessins de sa main étaient déjà conservés) a pu être comblée grâce à l’achat, auprès d’une collection particulière, d’un grand tableau de ce peintre représentant Jean Ier Duc de Bretagne remettant la charte de fondation de l’abbaye de Prières à un moine cistercien (ill. 4), daté de 1784.
Après un apprentissage chez son oncle, un maître-verrier, Valentin partit pour Paris où il fut élève de Joseph-Marie Vien entre 1763 et 1769, et se rendit à Rome jusqu’en 1772, date à laquelle il revint en Bretagne, tout en gardant de fort liens avec Paris.


5. Joseph-Benoît Suvée (1743-1807)
Cornélie mère des Gracques, vers 1790-1795
Huile sur panneau - 35 x 46,3 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Rennes
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Une esquisse de Joseph-Benoît Suvée est un don du même collectionneur anonyme qui avait déjà offert au musée un tableau de Ribera (voir la brève du 11/6/15) et trente-trois dessins (voir ici, , et encore là). Cette Cornélie, mère des Gracques avait été présentée dans la rétrospective dédiée à cet artiste organisée récemment par le Musée des Beaux-Arts de Tours (voir l’article). Le sujet et la composition sont ceux d’un grand tableau du Salon de 1795, commandé par le comte d’Artois en 1790, qui fut repris par l’artiste pour une réplique aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts de Besançon. Cette esquisse, qui a été sans doute légèrement coupée sur les deux côtés, est probablement intermédiaire entre ces deux œuvres.

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