Adieu Françoise Nyssen, bienvenue Franck Riester

Franck Riester, nouveau ministre de la Culture
Photo : Ericwaltr (CC BY-SA 3.0)
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Nous n’épiloguerons pas sur le départ de Françoise Nyssen. Les lecteurs de La Tribune de l’Art connaissent notre opinion sur la politique patrimoniale de l’ancienne ministre de la Culture. Celle-ci n’a rien fait ou, pire, a laissé faire toutes les destructions sans jamais réellement remplir sa mission. Rappelons pêle-mêle sa totale absence dans les débats sur la loi Elan, son inaction dans le dossier de la carrière grecque de la Corderie à Marseille, dans ceux des déviations autoroutières à Kolbsheim et à Beynac, dans les destructions de Perpignan, son intervention bruyante mais inutile dans la destruction de la halle d’Arles (qui pourrit aujourd’hui dans un terrain vague et dont le remontage est moins que jamais à l’ordre du jour), ses déclarations sur le prêt de la Joconde, la baisse du budget prévue pour les musées et celle - moins apparente mais tout aussi réelle - pour les monuments historiques, le renouvellement de Jean-Luc Martinez à la tête du Louvre, la non-communication des documents relatifs aux trésors nationaux

Frank Riester est donc le nouveau ministre de la Culture. Nous ne disserterons pas longtemps sur sa personnalité, car nous ne le connaissons pas. Il s’agit d’un politique, l’inverse donc de ce qu’était Françoise Nyssen. C’est semble-t-il un excellent connaisseur de l’audiovisuel, qui n’est qu’une partie des attributions du ministère. Sur le patrimoine et les monuments historiques, le champ qui nous concerne, nous ne pouvons rien dire si ce n’est que nous avons aujourd’hui entendu certains de nos amis en parler en bien. Comme d’habitude, nous jugerons sur les actes. Ses premières décisions devront consister à faire les bonnes nominations. D’une part en remplaçant le cabinet précédent qui n’était pas davantage à la hauteur de ses fonctions que ne l’était le ministre, puis en nommant tous les postes clés qui restent depuis de nombreux mois en souffrance, au premier rang desquels le Directeur général des patrimoines (mais aussi le chef du service des musées, le président de la RMN, le directeur de la Villa Médicis, le directeur de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, et nous en oublions sûrement…)

Nous publierons plus tard dans la journée deux articles qui devraient l’intéresser, concernant des affaires sur lesquelles il devrait se positionner. Le premier concerne le Louvre et le non respect d’une partie de l’accord passé avec Abu Dhabi, qui prive le musée parisien de rentrées d’argent qui seraient pourtant bien utiles par les temps qui courent. Le deuxième porte sur le Conservatoire national d’art dramatique, un monument historique en grand danger en raison des menaces de vente qui pèsent sur lui, sans qu’il soit entièrement protégé monument historique. L’état de grâce commence aujourd’hui. Espérons qu’il durera…

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