Après le vote de la loi Notre-Dame, la vigilance reste de mise

La cathédrale Notre-Dame de Paris, le 26 avril 2019
Photo : Didier Rykner
Voir l´image dans sa page

Le projet de loi « pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris et instituant une souscription nationale à cet effet » a donc été adopté aujourd’hui par l’Assemblée Nationale. Comme nous l’avons déjà écrit, le gouvernement, qui est en réalité complètement à la manœuvre, ne laissant pratiquement aucune initiative aux parlementaires, a mis un peu d’eau dans son vin en renonçant notamment aux ordonnances pour le code du patrimoine, le code des marchés publics et celui de la domanialité publique. Trois dérogations aux codes du patrimoine sont néanmoins inscrites en dur dans la loi [1]. Surtout, des ordonnances seront bien prises pour déroger au code de la voirie, à celui de l’urbanisme et à celui de l’environnement.

Il conviendra donc de rester particulièrement attentif à un certain nombre de points, notamment aux dérogations à ces deux derniers codes qui peuvent s’avérer dangereuses pour le patrimoine naturel. Il y a par exemple tout lieu de craindre celles dont parle le ministre de la Culture sur l’exploitation des carrières de pierre.
Il faudra s’opposer également aux velléités de mettre en application, ne serait-ce qu’en partie, l’infâme projet pour l’Île de la Cité imaginé par Dominique Perrault. Nous conseillons la lecture de cet article sur le site de Sites & Monuments qui s’inquiète, citations à l’appui, de certains indices, parmi lesquels une déclaration du président de la République, laissant penser que ce projet pourrait resurgir à l’occasion de la restauration de la cathédrale. Inutile de dire que nous resterons extrêmement attentif à cette question.

Bien entendu, il faudra également se battre contre le souhait du Premier ministre de « Doter la cathédrale d’une nouvelle flèche adaptée aux techniques et enjeux de notre époque », expression d’un grotesque achevé et projet contraire à la loi et aux engagements internationaux de la France (classement au patrimoine mondial).
Le devenir de l’Hôtel-Dieu devra également faire l’objet de vrais débat comme l’a demandé un texte publié le 11 juillet dans Le Monde auquel nous souscrivons entièrement. Plus on y pense et plus il est inacceptable que ce bâtiment (qui devrait être classé monument historique, et qui ne l’est même pas) soit affecté à des commerces de luxe et non, comme cela avait été promis, au Musée de l’Assistance Public et à un grand Musée de l’Œuvre qui fait défaut à la cathédrale de Paris.

Dans tous ces combats, La Tribune de l’Art sera évidemment en première ligne.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.