Beweb : une base de données des œuvres des églises italiennes

2/12/12 - Internet - Base de données - Rarement une nouvelle base de données aura été plus riche, et plus passionnante, mais rarement aussi aura-t-elle été plus frustrante.
Intitulée Beweb, comme Beni ecclesiasti in Web, cette base a été créée par l’Eglise italiene, plus précisément par l’Ufficio Nazionale per i beni culturali ecclesiastici (UNBCE), une émanation de la Conferenza Episcopale Italiana.

Sa richesse est inouïe : le nombre d’objets répertoriés se monterait déjà à près de 3,5 millions, et la base est toujours en cours d’enrichissement. Les images sont de qualité variable et de taille juste suffisante (au maximum 444 pixels) ce qui constitue une première limite.
Autre problème : il est impossible de faire des recherches très fines. Prenons un exemple. Si l’on cherche toutes les toiles de Guido Reni, il faudra faire soi même le tri entre les copies d’après l’artiste, les œuvres de son école, de son cercle, celles qui lui sont données en plein.
Mais le plus grave est l’absence totale de localisation précise des objets dont on sait seulement à quel diocèse ils appartiennent. On imagine la raison de cette absence : la peur des vols. Ce qui est totalement absurde : les voleurs ont tous les moyens à leur disposition pour repérer les œuvres dans les églises. A ce compte, il faudrait interdire toute les localisations dans les articles ou les livres d’histoire de l’art, et retirer de la vente les Guides du Touring Club italien ! Le résultat est simple : les voleurs continueront tranquillement à voler, mais les amateurs d’art ne sauront pas où se trouve tel ou tel tableau qu’ils voudraient voir, sauf à entamer pour chacun une recherche bibliographique qui sera d’autant plus longue que l’œuvre est moins connue.
Faire connaître le patrimoine des églises et le diffuser largement est au contraire un excellent moyen de le protéger. Croire que la publication d’une vignette sans aucune mention bibliographique ni aucune indication précise de sa localisation sera d’un réel intérêt pour les historiens de l’art est à notre avis une grave erreur. La base Beweb est ainsi, non en raison de sa conception (car son ergonomie est très claire et très facile), mais des limitations que se donnent ses auteurs, l’une des bases de données les plus intéressantes du Web, et l’une des moins utilisables.

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