De Stella à Maurice Denis, acquisitions récentes du Musée de Port-Royal

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1/3/18 - Acquisitions - Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal-des-Champs - Le Musée des Granges de Port-Royal, qui ouvrira bientôt une exposition de dessins français du XVIIe siècle du musée d’Orléans, vient d’ajouter à ses collections deux beaux tableaux de Jacques Stella, acquis de la galerie Coatalem à Paris. Formant pendants et peint sur marbre, ils représentent respectivement la Vierge et le Christ en buste (ill. 1 et 2). Ces deux petits tableaux, à la technique porcelainée accentuée par le support, sont sans doute des œuvres de dévotion privée, au style typique de Jacques Stella. On remarquera le caractère très raphaélesque de la Vierge.


1. Jacques Stella (1596-1657)
La Vierge
Huile sur marbre - 22,5 x 16 cm
Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal
Photo : Galerie Coatalem
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2. Jacques Stella (1596-1657)
Le Christ
Huile sur marbre - 22,5 x 16 cm
Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal
Photo : Galerie Coatalem
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Le musée s’est par ailleurs enrichi ces dernières années de plusieurs œuvres. Nous avions déjà parlé ici des deux tableaux de Jean Restout achetés en 2016 (voir la brève du 16/6/16), mais nous n’avions pas encore évoqué les achats et dons qui suivent, traités par ordre chronologique d’acquisition :


3. Atelier de Philippe de Champaigne (1602-1674)
La Mort de saint Benoît, vers 1646
Huile sur toile - 90,9 x 146,4 cm
Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal
Photo : Musée national de Port-Royal
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4. France, avant 1749
La Foi triomphant de l’Hérésie
Bronze - 39,5 x 20,5 x 4 cm
Magny-les-Hameaux,
Musée national de Port-Royal
Photo : Musée national de Port-Royal
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En 2015, la Société Lusis (entreprise active dans les moyens de paiement) a offert au musée un tableau de l’atelier de Philippe de Champaigne (ill. 3) provenant de l’importante commande passée par la reine Anne d’Autriche à l’artiste pour le décor de son appartement au Val-de-Grâce. De ces douze tableaux, six sont conservés aux Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, un au Musée Carnavalet, un autre au Musée de Menton et un dernier au Musée de l’Hermitage.
La même année a été acquis, de gré à gré auprès de Sotheby’s, un bronze représentant La Foi triomphant de l’Hérésie (ill. 4), d’un style semblant permettre de le dater autour de 1700. La présence d’une marque représentant un C couronné, signe du paiement d’une taxe spéciale sur les métaux imposée entre 1745 et 1749 (destinée notamment à financer la guerre de Succession d’Autriche), indique peut-être une fonte datant de cette époque. Il faut cependant remarquer que toutes les transactions de bronze étaient taxées, même les ventes de sculptures plus anciennes qui peuvent aussi présenter ce poinçon.

En 2016, les enfants de Bernard Dorival, spécialiste bien connu de Philippe de Champaigne à qui il a consacré de nombreux livres, dont un catalogue raisonné, ont donné au Musée de Port-Royal deux tableau et un dessin
Le premier est entré comme de l’atelier de Philippe de Champaigne (ill. 5) même si, selon Frédérique Lanoë, qui prépare un nouveau catalogue de l’artiste, il s’agirait plutôt d’une copie. Remarquons que le grand tableau par Philippe de Champaigne est conservé à Vienne au Kunsthistorisches Museum tandis qu’une très belle version passée en vente chez Christie’s Londres en décembre 2009 comme « Philippe de Champaigne et atelier » est en réalité une œuvre de Jean-Baptiste de Champaigne (ill. 6) comme nous l’a confirmé Frédérique Lanoë [1].


5. D’après Philippe de Champaigne (1602-1674)
La Déploration sur le corps d’Abel
Huile sur panneau - 41 x 55 cm
Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal
Photo : Musée national de Port-Royal
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6. Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681)
d’après Philippe de Champaigne (1602-1674)
La Déploration sur le corps d’Abel
Huile sur panneau - 41 x 55 cm
Vendu chez Christie’s Londres le 9 décembre 2009
Photo : Christie’s
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Le second tableau est probablement une bonne réplique partielle par son atelier d’un portrait d’enfants (ill. 7) exécuté par Philippe de Champaigne lors d’un séjour à Port-Royal, conservé au Musée des Beaux-Arts de Reims. Quant au dessin (ill. 8), autrefois attribué par Dorival à Philippe de Champaigne, il reste anonyme et son véritable auteur reste donc à identifier. Il s’agit quoi qu’il en soit d’une très belle feuille du XVIIe siècle français.


7. Philippe de Champaigne (1602-1674)
Les Enfants d’Habert de Montmort (François et Louis), vers 1649
Huile sur toile - 46,5 x 56 cm
Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal
Photo : Musée national de Port-Royal
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8. France, milieu du XVIIe siècle
Vierge à l’enfant
Sanguine - 42,5 x 31 cm
Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal
Photo : Musée national de Port-Royal
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La même année 2016, le musée a acheté auprès d’un particulier un tableau de Louis-Gabriel Moreau l’Aîné (ill. 9). Il représente l’Abbaye de Port-Royal au début du XIXe siècle. Cette toile avait été acquise à l’hôtel Drouot par le collectionneur avec une autre représentant les ruines de l’Abbaye des Vaux de Cernay. Ces deux œuvres faisaient sans doute partie d’un ensemble décoratif dont on ne connaît pas la provenance.


9. Louis-Gabriel Moreau, dit l’Aîné (1740-1806)
Vue de l’Abbaye de Port-Royal au début du XIXe siècle
Huile sur toile - 171,7 x 114,3 cm
Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal
Photo : Musée national de Port-Royal
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10. Maurice Denis (1890-1943)
Philippe de Champaigne peignant le portrait de la mère Angélique
Aquarelle- 29,7 x 21 cm
Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal
Photo : Musée national de Port-Royal
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Une aquarelle de Maurice Denis (ill. 10), acquise de la galerie Talabardon & Gautier est également venu enrichir le musée en 2016. Elle représente Philippe de Champaigne peignant le portrait de la mère Angélique à Port-Royal, et est préparatoire à une illustration pour l’ouvrage « L’Histoire religieuse de la France » par Gabriel Hanoteaux, tome VI de son Histoire de la nation française. Le Portrait d’Angélique André est conservé au Louvre.


11. Adolphe-Félix Cals (1810-1880)
d’après Philippe de Champaigne (1602-1674)
Le Christ mort, 1866
Magny-les-Hameaux, Musée national de Port-Royal
Photo : Musée national de Port-Royal
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Enfin, l’année 2017 a été marquée par le don en décembre, par un particulier d’une copie du Christ mort du Louvre par Adolphe-Félix Cals (ill. 11). L’œuvre était présentée dans l’exposition (non commerciale) consacrée à cet artiste organisée par la galerie Mendes en 2017. Elle provient directement du comte Armand Doria, ancêtre du donateur, qui fut le plus grand mécène de Cals.

Outre ces dessins et peintures, le musée a également pu faire entrer dans ses collections nombre d’estampes et de livres anciens, parmi lesquels des gravures de Jacques Callot et de Claude Mellan.

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