Des œuvres au Louvre-Lens depuis plus de six ans

17/12/18 - Musée - Lens, Louvre-Lens - Le Louvre-Lens vient de publier un communiqué pour célébrer « l’entrée dans la Galerie du temps » de 29 nouvelles œuvres. Autant donc dont seront privés les visiteurs du Louvre à Paris, qui retrouveront néanmoins 35 autres œuvres qui étaient déposées à Lens.


1. Pierre-Paul Rubens (1577-1640)
Ixion roi des Laphites trompé par Junon qu’il voulait séduire
Huile sur toile
Paris, Musée du Louvre, ou plutôt, depuis six ans, Lens, Louvre-Lens
Photo : Wikimedia, domaine public
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Le plus remarquable reste néanmoins la confirmation que certaines d’entre elles semblent désormais devoir rester à Lens ad vitam aeternam… Cela fait plus de six ans en effet - alors que le Louvre avait affirmé qu’il n’y aurait aucun prêt de plus de cinq ans - que des œuvres majeures du musée, que nous avions citées dans notre article consacré au bilan de Jean-Luc Martinez, ne sont pas retournées à Paris. Si Master Hare de Joshua Reynolds et le Saint Sébastien du Pérugin, prêtés six ans (!) vont enfin y revenir, des peintures et des sculptures aussi exceptionnelles que celles que nous avions listées dans l’article cité plus haut vont rester au moins un an de plus hors du musée où elles doivent normalement être présentées. Quel mépris des visiteurs et des amateurs que cette manière de renier, fort discrètement, la parole donnée. Un Greco, un Rubens (ill. 1), un Claude Lorrain (ill. 2), un Hyacinthe Rigaud, un Mino da Fiesole… Nous pourrions poursuivre encore cette liste d’artistes exilés désormais plus de six ans à Lens.


2. Claude Gellée, dit Le Lorrain (1600-1682)
Paysage avec Pâris et Œnone, dit Le Gué, 1648
Huile sur toile - 152 x 184 cm
Paris, Musée du Louvre, ou plutôt, depuis six ans, Lens, Louvre-Lens
Photo : RMN-GP/S. Maréchalle
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Le même communiqué de presse nous apprend, là encore rien d’étonnant, que la Galerie du Temps restera gratuite. Rappelons que celle-ci devait devenir payante au bout d’un an. Mais les chiffres de fréquentation n’étant déjà pas ceux qui étaient attendus, il est désormais évident qu’instaurer une entrée payante la ferait encore s’écrouler (voir cet article de Capital). Rappelons que le Louvre-Lens coûte la bagatelle de quinze millions d’euros par an, un budget qu’aucun musée de province ne pourra jamais espérer même approcher...

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