Deux acquisitions pour Le Havre : Marquet et Braque

21/6/19 - Acquisition - Le Havre, Musée d’Art moderne André Malraux - Deux paysages normands viennent enrichir le Musée André Malraux, l’un d’Albert Marquet, l’autre de Georges Braque.
Le Havre, le bassin d’Albert Marquet a été acheté à la galerie de la Présidence (ill. 1). Il rejoint une trentaine de tableaux et dessins de l’artiste conservés dans les collections. Cette vue du port fut peinte en 1906 lorsque Marquet parcourut les côtes normandes en compagnie de Raoul Dufy, originaire du Havre, à qui le musée consacre actuellement une exposition.


1. Albert Marquet (1875-1947)
Le Havre, le bassin, 1906
Huile sur toile - 61,1 x 50,3 cm
Le Havre, Musée d’Art moderne André Malraux MuMa
Photo : Galerie de la Présidence
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Marquet revint dans la ville en 1930 et 1934, comme en témoigne une autre toile des collections, L’Avant-port du Havre, l’anse des pilotes réalisée en 1934.
D’un séjour à l’autre, il peignit ce qu’on appelle le bassin du roi sous de nombreux angles, depuis une fenêtre, ou sur les quais accordant plus ou moins d’importance à l’eau, plus ou moins de place à la figure humaine. L’œuvre nouvellement acquise est ainsi animée de silhouettes noires qui s’agitent sur les quais gris, tandis que la partie supérieure de la composition est occupée par l’eau ensoleillée. Dufy peignit lui aussi le bassin du roi tout comme Othon Friesz dont le musée conserve un exemple.


2. Georges Braque (1882 - 1963)
Barque échouée sur la grève, 1956,
Huile sur toile - 50,5 x 95,5 cm,
Le Havren MuMa
Photo : Christie’s LTD / Juan Cruz Ibañez
© Adagp, Paris 2019
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Autre acquisition, La Barque échouée sur la grève de Braque a été léguée par Florence Malraux, décédée en octobre 2018 (ill. 2). Elle tenait cette peinture de son père à qui Marcelle Braque l’avait offerte un an après la mort de l’artiste. Ami de Georges Braque, André Malraux le soutint à plusieurs reprises, notamment pour la commande du plafond du Louvre, et prononça son éloge funèbre en 1963.

Lorsque le musée du Havre, qui porte le nom de l’écrivain et fut inauguré par lui en 1961, fut entièrement rénové en 1999, il marqua sa réouverture par une exposition consacrée à Georges Braque, et ce tableau figurait. Il fut peint en 1956 à Varengeville où le peintre se fit construire une maison-atelier par Paul Nelson.
Le Musée des Beaux-Arts de Rouen consacre actuellement une exposition aux séjours de Braque à Varengeville qui lui inspirèrent de nouveaux thèmes. Il revint à la peinture de paysages dans les dernières années de sa vie comme en témoigne cette œuvre ; des paysages très sobres souvent peints sur des formats horizontaux, avec une peinture épaisse travaillée au couteau, et le cadre fait partie intégrante de la composition. À la demande de Florence Malraux, ce tableau sera officiellement remis par Jean-Louis Prat, ancien directeur de la Fondation Maeght, le 26 juin prochain.

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