Deux acquisitions du Musée des Beaux-Arts de Montréal à Paris Fine Arts

12/12/18 - Acquisitions - Montréal, Musée des Beaux-Arts - Le salon Paris Fine Arts a connu un franc succès, non seulement par la qualité des œuvres qui y étaient présentées, mais aussi par les achats qui y ont été réalisés. Plusieurs musées on pu y faire des acquisitions dont le Musée des Beaux-Arts de Montréal qui s’est enrichi d’une peinture et d’une sculpture.


1. Pierre-Joseph-Célestin François (1759-1851)
L’Amour et Psyché, 1796
Huile sur panneau - 27,5 x 20,5 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Montréal
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La peinture, qui a appartenu à Pauline d’Arenberg, princesse Schwarzenberg, est due au pinceau du flamand Pierre-Joseph-Célestin François. Ell représente L’Amour et Psyché (ill. 1) et a été achetée à la galerie Mendès. L’œuvre fut présentée en 1985 à l’exposition d’Ixelles « 1770-1830. Autour du néoclassicisme en Belgique ». Celle-ci fit date, et son imposant catalogue reste à ce jour une des contributions les plus importantes sur ce sujet. La biographie du peintre, originaire de Namur et élève à Anvers d’André-Corneille Lens, y est particulièrement développée.
L’iconographie de ce petit tableau, qui date de 1796, est fréquente à l’époque, de nombreux peintres et sculpteurs néoclassiques ayant illustré ce thème. L’origine flamande de l’artiste transparaît clairement dans le canon des deux protagonistes, bien éloignés de l’idéalisation que l’on a coutume de trouver dans la peinture néoclassique. On distingue ici une influence rubénienne tardive visible notamment dans le visage de l’Amour. Il s’agit d’un néoclassicisme galant, anacréontique, qui semble directement issu de Lens, et peut-être de Vien, sans passer par le prisme de David. Plus tard - l’artiste peignit jusqu’en 1832, âge auquel il fut frappé de cécité - il s’orienta vers un style que l’on pourrait qualifier de néo-XVIIe dont témoignent plusieurs des œuvres présentées dans l’exposition d’Ixelles.


2. Henri de Triqueti (1803-1874)
Aiguière des mères israëlites, 1835
Bronze - 39 x 17,5 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Montréal
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La sculpture est une aiguière en bronze de Henri de Triqueti (ill. 2), fondue par Louis Richard, l’un des meilleurs artisans dans ce domaine dans la première moitié du XIXe siècle. Elle a été achetée auprès de la galerie de Bayser. Nous avons souvent parlé sur La Tribune de l’Art de Triqueti que nous tenons comme un des plus grands artistes du XIXe siècle, et sans aucun doute l’un des plus grands sculpteurs romantiques. Une aiguière de celui-ci avait déjà été acquise par le Rijksmuseum en 2012 (voir la brève du 29/3/12). Nous rappelions alors que ses bronzes étaient en général tirés à très peu d’exemplaires, le sculpteur, disposant d’une importante fortune personnelle, n’ayant pas de gros besoins financiers. Celui-ci n’était connu jusqu’à présent que par des dessins et un modèle en plâtre patiné conservé au Musée Girodet (l’anse est manquante). Il avait été commandé par Thiers directement au sculpteur en 1834, et porte sous la base la signature et la date de 1835. Un modèle en fut présenté au Salon, la même année.

La partie supérieure de l’anse représente la mère de Moïse abandonnant son fils sur le Nil, tandis que le relief sur la panse montre Rachel enserrant ses deux fils Joseph et Benjamin. Deux hauts reliefs montrent l’un Sarah, la mère d’Isaac, embrassant celui-ci après qu’il a été sauvé du sacrifice, et l’autre Agar et Ismaël secourus par l’ange dans le désert. La frise inférieure représente le massacre des Innocents.

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