Deux nouveaux dessins pour le Musée Cognacq-Jay

1. Jean-Bernard Duvivier (1762-1837)
L’Automne ou la Mélancolie, 1787
Pierre noire et craie blanche sur papier
préparé brun - 34,1 x 41,4 cm
Paris, musée Cognacq-Jay
Photo : Musée Cognacq-Jay
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28/2/18 - Acquisitions - Paris, Musée Cognacq-Jay - Le Musée Cognacq-Jay s’est enrichi en 2017 de deux feuilles du XVIIIe siècle (ce qui est logique compte-tenu de la nature de ses collections).
Le premier dessin, acquis auprès de la galerie Marty de Cambiaire à Paris, est dû au peintre d’origine brugeoise Jean-Bernard Duvivier. S’il s’agit probablement d’une Allégorie, le sujet exact est difficile à identifier. Il s’agit peut-être d’une représentation de l’automne comme la grappe de raisin qu’elle tient de la main droite peut le faire penser, ou plus probablement d’une figure de la Mélancolie ce que suggère « sa position, ainsi que les ruines évoquant la fuite du temps et le caractère éphémère de l’homme » comme le dit Benjamin Couilleaux, conservateur au musée. Ce dessin signé et daté 1787 a été exécuté quatre ans après l’arrivée de Duvivier à Paris. S’il n’obtint que le second prix de peinture en 1788, il partit tout de même deux ans plus tard en Italie où il resta six ans, avant de revenir en France où il poursuivit sa carrière et termina sa vie. Ce dessin a une technique bien particulière, la pierre noire et la craie blanche estompées sur le papier préparé brun donnant une impression très picturale.

2. Philippe-Jacques de Loutherbourg (1740-1812)
« Les Paris sont ouverts », vers 1767-1768
Plume et encre brune, aquarelle - 17,9 x 23,6 cm
Paris, Musée Cognacq-Jay
Photo : Musée Cognacq-Jay
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L’autre dessin, par Philippe-Jacques de Loutherbourg, est un don de la galerie Marty de Cambiaire. L’œuvre représente un homme, probablement d’origine asiatique, essayant de basculer une jeune femme sur une botte de foin dans une grange. Un chien semble vouloir sauver sa maîtresse du sort qui l’attend en tirant l’agresseur par son vêtement. Une cruche renversée est probablement un symbole de la virginité menacée - comme dans Le Verrou de Fragonard - tandis qu’un autre homme observe la scène caché derrière une poutre. Le titre, « Les paris sont ouverts », est donné par une inscription sur le montage.
Il s’agit donc d’un dessin d’une agression sexuelle caractérisée, assurément peu dans l’air du temps. Citons une nouvelle fois Benjamin Couilleaux : « Ce regard désabusé et presque complaisant sur une agression, heurtant aujourd’hui notre sensibilité visuelle comme nos valeurs morales, participe néanmoins d’une vision propre aux mentalités du XVIIIe siècle. L’expression des passions même les moins avouables comme la culture du temps asservissant la femme aux désirs virils peuvent expliquer ce type de représentation de la sexualité la plus abrupte. Elles constituent, en quelque sorte, la part sombre des Lumières. » Espérons qu’un jour ne vienne pas où il deviendra difficile à un musée d’acquérir une œuvre telle que celle-ci…

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