Deux nouveaux tableaux pour la Scottish National Gallery

Waller Hugh Paton (1828-1895)
Entrance to the Cuiraing, Skye, 1873
Huile sur toile - 111,8 x 162,6 cm
Edimbourg, Scottish National Gallery
Photo : Scottish National Gallery
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21/11/11 – Acquisitions, Edimbourg, Scottish National Gallery
La Scottish National Gallery vient de combler un vide dans ses collections en acquérant, en octobre dernier, une œuvre de l’Ecossais Waller Hugh Paton (1828-1895), paysagiste célèbre en son pays, dont elle ne conservait qu’une aquarelle de 1861 intitulée Springtime, Strathearn.
Entrance to the Cuiraing, Skye est une huile sur toile achetée à la Bourne Fine Art Gallery, à Edimbourg, grâce au soutien des mécènes du musée ; elle avait auparavant été proposée aux enchères par Aguttes à Drouot le 22 novembre 2010 et adjugée 27 801 euros.
Réalisée en 1873, elle représente un paysage typiquement écossais : le Quiraing, massif montagneux de l’île de Skye. Le peintre, qui confesse garder un souvenir horrible de l’endroit, en accentue l’aspect fantastique en plantant un pic rocheux au milieu de sa composition, donnant au spectateur le sentiment de se trouver dans la gueule d’un monstre édenté, tandis qu’à gauche trois figures minuscules, à peine perceptibles, gravissent péniblement le pan d’une montagne ; enfin le ciel d’un jaune orangé percé de nuages roses et bleus, caractéristique du peintre, participe de cette atmosphère qui oscille entre le terrible et le sublime. Malgré l’apparente témérité des personnages, l’île attirait de nombreux visiteurs.
Né à Dunfermline, Waller Hugh est le frère de Sir Joseph Noel Paton (1821-1901) connu pour ses images féériques du Songe d’une nuit d’été. Ils commencèrent par travailler avec leur père Joseph Neil Paton, décorateur de tissu, pour lequel Waller Hugh dessina des modèles de damas avant de se lancer dans la peinture de paysage, exposant régulièrement à partir de 1851 à la Royal Scottish Academy. Il fut influencé par John Ruskin (qui donna notamment une conférence en novembre 1853 à Edimbourg) et les préraphaélites, proposant une conception poétique et mystique de la nature tout en la représentant avec réalisme.

Jean-Baptiste Baron Regnault (1754 - 1829)
Jean-François Regnault, 1815
Huile sur panneau - 77 x 62 cm
Edimbourg, Scottish National Gallery
Photo : Scottish National Gallery
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Autre acquisition récente, un portrait de Jean-François Regnault (1815) par Jean-Baptiste Regnault a été donné par un particulier qui l’avait acheté à la galerie parisienne Talabardon et Gautier. Connu pour ses peintures mythologiques et notamment les fameuses Trois Grâces du Louvre qui marquent sa rivalité avec David, Regnault fut aussi un portraitiste de talent, en témoigne la Reine Hortense à Malmaison.
Père de trois fils ayant embrassé la carrière militaire, Regnault réalisa leurs trois portraits en 1815 ; malgré l’uniforme, ces effigies trahissent la liberté que s’autorise le peintre pour figurer ses proches. Celui de la Scottish Gallery présente son second fils, capitaine du troisième régiment des tirailleurs de la garde impériale ; la cicatrice qu’il porte au front rappelle le courage dont il fit preuve lors du siège d’Astorga en Espagne en 1810. Pourtant, l’expression du modèle n’a rien de martial ; les yeux baissés, un sourire évanescent aux lèvres, il est empreint d’une douceur pensive voire d’une certaine mélancolie.
Le portrait de son frère, Antoine-Louis, passé sous le feu des enchères le 8 juin 2011 chez Christie’s à New York, obéit à la même formule en buste sur un fond sombre légèrement nuancé de tons orangés, semblable à un ciel de bataille empli de feux et de fumées. Son expression en revanche est différente : le corps dirigé vers la gauche, il tourne la tête pour fixer le spectateur, dans un mouvement dynamique qui correspond davantage à son statut de militaire, et plus précisément d’aide-de-camp d’un lieutenant-général de l’Empire auquel il apporte un pli. Cette vente proposait aussi un étonnant autoportrait de Regnault.

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