Deux nouvelles terres cuites pour le Rijksmuseum

1. Jean-Louis van Geel (1787-1852)
L’Union des Pays-Bas et de la Belgique, 1816
Terre cuite - H. 48 cm
Amsterdam, Rijksmuseum
Photo : Rijksmuseum
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26/8/11 - Acquisitions – Amsterdam, Rijksmuseum - Le Rijksmuseum s’est récemment enrichi de deux sculptures en terre cuite.
La première, inédite, a été découverte et acquise dans la vente Sotheby’s du 14 mars 2011 à Amsterdam. Il s’agit d’une œuvre de Jean-Louis van Geel illustrant l’unification des Pays-Bas et de la Belgique ; estimée 2000 à 3000 euros et acquise par le musée pour 19 950 euros, elle était donnée au cercle de Louis Royer, mais signée « L. van … » et datée de 1816. Jean-Louis van Geel, né à Malines, fut d’abord l’élève de son père, Jean-François, professeur à l’Académie de Malines. Il se rendit à Paris en 1809, où il remporta en 1811, avec La Mort d’Epaminondas, le second prix de Rome derrière David d’Angers.
Après s’être installé à Bruxelles, Jean-Louis van Geel devint le sculpteur attitré du prince Guillaume, futur Guillaume II et reçut des commandes importantes, la plus fameuse étant le Lion de Waterloo. Le musée de Bruxelles conserve deux figures décorant la porte Guillaume, construite en 1820. Le sculpteur enseigna ensuite à l’Académie d’Anvers entre 1830 et 1833.
Lors du Congrès de Vienne en 1815, la Belgique fut en partie intégrée aux Pays-Bas pour former jusqu’en 1830 le Royaume-Uni des Pays-Bas, à la tête duquel trôna Guillaume Ier. Le sculpteur a choisi de représenter cette union par deux femmes couronnées de remparts, se tenant par la main, dans un style néo-classique. La figure de droite tient un caducée, symbole du commerce, et derrière elle, une charrue évoque l’agriculture. Elle incarne la République des Provinces-Unies tandis que la figure de gauche représente les Pays-Bas méridionaux. A leurs pieds, le lion du royaume pose la patte sur un faisceau de sept flèches. Ce pan de l’histoire est peu évoqué dans le musée qui comporte nombre d’œuvres illustrant la défaite de Napoléon ou la révolte des Belges en 1830. On peut penser que la terre cuite achetée par le musée est un modèle pour un monument qui ne fut jamais érigé. Lors de la réouverture du musée après les interminables travaux d’agrandissement, elle sera placée dans les salles du XIXe au côté de la Bataille de Waterloo peinte par Jan Willen Pieneman.

Cette sculpture a été acquise dans une vente d’objets provenant de la reine Juliana des Pays-Bas qui avait abdiqué en 1980 en faveur de sa fille Beatrix, et qui disparut en 2004 à l’âge de 94 ans. Il est ironique de constater qu’après un long inventaire ayant duré six ans, les œuvres considérées comme les plus importantes, particulièrement celles relatives à l’histoire de la famille royale, avaient été cédées à diverses fondations et musées. Celles-ci, avec de nombreux objets considérés comme mineurs ou sans grand intérêt, ont donc été vendues aux enchères au profit de quatre associations caritatives. Il est heureux que son identité ait pu être reconnue par les conservateurs du Rijksmuseum mais dommage pour eux qu’elle n’ait pu lui être offerte.


2. Tommaso della Porta (vers 1546-1606)
Le Prophète Balaam, vers 1575-1578
Terre cuite - H. 22,5 cm
Amsterdam, Rijksmuseum
Photo : Rijksmuseum
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L’autre terre cuite a été acquise en 2010. Il s’agit d’un modèle, pratiquement identique à l’œuvre définitive, pour une statue en marbre représentant Balaam, faisant partie de l’ensemble sculpté ornant la construction en marbre abritant la Santa Casa, c’est-à-dire la maison où eut lieu l’Annonciation. La légende dit qu’elle fut transportée par des anges de Palestine en Italie en 1294. Cet édifice, élevé dans la basilique de Loreto, fut dessiné par Bramante à la demande de Jules II. Le décor sculpté fut exécuté par divers artistes sur plus d’un demi-siècle. Les registres inférieurs et supérieurs sont ornés respectivement de statues de prophètes et de sibylles. Celle de Balaam, au revers, fortement marquée par l’art de Michel-Ange, est aujourd’hui attribuée à Tommaso della Porta, apparenté à Guglielmo della Porta dont il fut l’élève et l’un des membres les moins renommés de cette célèbre famille de sculpteurs. Son frère, Giovanni Battista, travailla aussi sur la Santa Casa où il réalisa plusieurs des figures de sibylles.
L’œuvre, acquise sur le marché de l’art londonien, était, d’après le Rijksmuseum, réservée par un musée américain qui a dû renoncer à cette acquisition en raison de la crise financière. Le musée hollandais ajoute que le Louvre était également intéressé par cette sculpture.

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