Deux préemptions dans la vente Sotheby’s Paris

1. François Le Moyne (1688-1757)
Diane revenant de la Chasse ou Le Soir, 1729
Huile sur toile - 114 x 162,5 cm
Préempté par le Musée Rodin
le 23 juin 2011 chez Sotheby’s Paris
Photo : Sotheby’s Paris
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23/6/11 – Acquisitions – Paris, Musée Rodin et Strasbourg, Musée des Beaux-Arts – Deux préemptions par des musées français ont marqué la vente de tableaux et dessins anciens et du XIXe siècle chez Sotheby’s Paris le 23 juin (voir la brève du 17/6/11).

La première était espérée, sinon attendue : le Musée Rodin a acquis pour 456 750 € (frais compris) Le Retour de chasse de Diane de François Le Moyne (ill. 1) que nous avions reproduit dans notre précédent article. Rappelons que celui-ci avait peint pas moins de dix-huit dessus-de-porte pour l’Hôtel Peyrenc de Moras (aujourd’hui plus connu sous le nom de l’Hôtel Biron, qui abrite le Musée Rodin) qui demeurèrent in situ jusqu’à la fin du XIXe siècle lorsque les sœurs du Sacré-Cœur, qui y tenaient un pensionnat de jeunes filles, vandalisèrent les lieux en vendant l’ensemble des décors, boiseries comprises.
Le Grand Salon Central possédait à l’origine quatre dessus-de-porte par François Le Moyne représentant Les Quatre Points du Jour. Aucune de ces œuvres n’avait encore été retrouvée lors de la publication du catalogue raisonné consacré à cet artiste par Jean-Luc Bordeaux paru en 1984. Presque au même moment pourtant, le 13 décembre 1983, Vénus montrant à l’Amour l’ardeur de ses flèches (ou Le Midi), était réapparu dans une vente à l’Hôtel Drouot où il avait été adjugé à Colnaghi puis acheté par le Musée Rodin. Cette toile est donc la deuxième sur les quatre du Grand Salon à rejoindre son ancien emplacement [1]. Le sujet symbolise Le Soir. Chantourné, il a été mis au rectangle comme l’avait été Le Midi qui a depuis retrouvé sa forme d’origine. Pour compléter le décor de ce Grand Salon, deux tableaux restent donc à retrouver : L’Aurore et Céphale (Le Matin) et Diane et Endymion (La Nuit).

2. Michele Desubleo (1602-1676)
Allégorie de la Musique
Huile sur toile - 114 x 95 cm
Préempté par le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
le 23 juin 2011 chez Sotheby’s Paris
Photo : Sotheby’s
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La seconde préemption a été effectuée pour le compte du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg qui s’est porté acquéreur pour 70 350 € (frais compris) d’un beau tableau de Michele Desubleo, L’Allégorie de la Musique (ill. 2).
L’artiste est le demi-frère de Nicolas Régnier à qui ce tableau était autrefois attribué [2]. Né comme lui à Maubeuge (c’est-à-dire à l’époque en pays flamand), ayant fait comme Régnier toute sa carrière en Italie, il est considéré comme un peintre italien (peut-être en raison de son passage dans l’atelier de Guido Reni auquel cette allégorie peut faire penser) alors que Régnier est regardé comme un français. Quoiqu’il en soit, beaucoup de tableaux de Desubleo, dont celui-ci qui est une œuvre de jeunesse, présentent des affinités avec ceux de son frère.

Ces achats sont heureux mais il est tout de même fort regrettable que les esquisses de Jean-François de Troy n’aient pas été achetées par le Louvre. Deux consolations tout de même : l’ensemble a été emporté par un seul acheteur (pour 1 241 252 €) et ne sera donc pas dispersé ; le collectionneur est français, ce qui laisse intact l’espoir de voir ces œuvres rejoindre un jour les collections nationales.

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