Deux préemptions de la Bibliothèque nationale de France à la vente de dessins Christie’s

21/3/18 - Acquisitions - Paris, Bibliothèque nationale de France - La BnF a été active cet après-midi lors de la vente de dessins anciens et XIXe de Christie’s Paris, en achetant deux feuilles à des prix d’ailleurs très raisonnables. La première est une sanguine de Claude Vignon représentant L’Enlèvement d’Hélène (ill. 1) dans le style très typique de l’artiste, encore empreint d’un certain maniériste. Ce dessin est préparatoire à une des treize eaux-fortes de la série des Aventures de Pâris qui fut gravée par Pierre Le Maire et dont le frontispice fut dédicacé par ce dernier à Claude Vignon, et datée de 1637. Cet ensemble d’estampes est sans doute tirée d’un ensemble décoratif peint pour la maison de M. Feydeau de Brou. Les coins supérieurs coupés à angle droit laissent en effet penser qu’il s’agit, tout autant que d’une étude préparatoire à une gravure (le dos est rougi à la sanguine, sans doute pour un transfert), d’une esquisse pour une peinture destinée à être incluse dans des boiseries.


1. Claude Vignon (1593-1670)
L’Enlèvement d’Hélène
Sanguine - 27,2 x 20 cm
Préempté par la BnF le 21/3/18
Photo : Christie’s Paris
Voir l´image dans sa page
2. Honoré Daumier (1808-1879)
Un pêcheur à la ligne
Mine de plomb - 21,6 x 15,5 cm
Préempté par la BnF le 21/3/18
Photo : Christie’s Paris
Voir l´image dans sa page

La seconde préemption est un dessin d’Honoré Daumier représentant un pêcheur à la ligne (ill. 2). Le personnage n’est pas réellement caricatural comme le sont souvent les figures dessinées par l’artiste même si la mise du pêcheur, habillé plutôt élégamment, n’est pas celle que l’on attendrait de quelqu’un s’adonnant à une activité qui peut s’avérer salissante.
L’inscription que porte cette feuille est particulièrement intéressante puisqu’on peut y lire en bas à droite : « Je trouve ce papier très utile et d’un emploi extrêmement commode ». Comme l’explique la notice du catalogue Christie’s, Daumier se réfère ici au papier Gillot qu’il utilise pour ce dessin et qui lui permet notamment, en grattant la surface bleue, de laisser apparaître la surface blanche sous-jacente, créant ainsi des effets de lumière.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.