Deux tableaux acquis par le Musée de Fécamp

15/11/12 - Acquisitions - Fécamp, Musée - Le nouveau Musée de Fécamp devait ouvrir fin 2011, installé dans une ancienne conserverie. C’est, du moins, ce que nous annoncions dans un article publié le 17 juin 2010. Depuis, les délais ont - c’est hélas souvent le cas sur ce type de chantier - fortement dérapé et l’inauguration est désormais prévue pour le deuxième semestre 2013.
Ceci n’empêche pas l’établissement de s’enrichir. Il vient ainsi d’acheter deux peintures.

La première est une œuvre sur cuivre attribuée à Jean de Saint-Igny, représentant Sainte Ursule et ses compagnes (ill. 1), où l’on voit la sainte protéger sous son large manteau (très large, puisqu’elles sont onze mille !) les vierges qui l’ont accompagnée dans son martyre (elles furent, d’après la légende Dorée, criblées de flèches par les Huns).
L’attribution est due à Philippe Malgouyres, l’un des auteurs du catalogue des peintures dont nous avions parlé sur ce site. Il souligne que ce petit tableau présente notamment des analogies avec deux grisailles de l’artiste conservées au Musée des Beaux-Arts de Rouen : L’Adoration des Mages et L’Adoration des Bergers. On y reconnait en effet une peinture française de la première moitié du XVIIe siècle, dont le faire précieux se rapproche d’artistes contemporains tels que Claude Vignon, Pierre Brébiette ou Juste d’Egmont. La mention « attribué à » semble donc judicieuse. Le nom de Saint-Igny, très vraisemblable, devra être confirmé par une meilleure connaissance de cet artiste.
Jean de Saint-Igny est d’origine normande (il est né à Rouen) et le Musée de Fécamp possédait déjà une Sainte Famille de sa main. Par ailleurs, une Assomption de la Vierge, signée et datée de 1636, est conservée dans l’Abbaye de la Sainte-Trinité de cette ville.


1. Attribué à Jean de Saint-Igny (vers 1600-1649)
Sainte Ursule et ses compagnes
Huile sur cuivre - 36,5 x 28,5 cm
Fécamp, Musée
Photo : Musée de Fécamp
Fécamp, Musée
Photo : Musée de Fécamp
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2. Eugène Le Poittevin (1806-1870)
Pêcheurs à Étretat
Huile sur panneau - 38,5 x 47 cm
Fécamp, Musée
Photo : Musée de Fécamp
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L’autre tableau, acquis par Fécamp auprès de la galerie Talabardon & Gautier à Paris, est une vue de la plage d’Étretat avec des pêcheurs par Eugène Le Poittevin (ill. 2). On reconnaît au fond les falaises caractéristiques de cette côte qui fut souvent représentée par les artistes au XIXe siècle, notamment Gustave Courbet et Claude Monet.
Le Poittevin, élève de Louis Hersent, concourut pour le prix de Rome de paysage historique mais n’obtint qu’un second prix en 1829. Il fut marqué par l’art hollandais du XVIIe siècle et se spécialisa dans les marines, peignant à la fois des scènes de genre décrivant le monde des pêcheurs, et des batailles navales. A Versailles, dans la salle des Croisades, il réalisa La Bataille navale d’Imbres mais aussi la Prise de Beyrouth, où l’action se déroule essentiellement sur terre, la mer n’étant visible qu’en arrière-plan à gauche.
Ces Pêcheurs à Étretat est une une œuvre typique de l’artiste. Le beau paysage romantique, où l’on voit arriver l’orage, est proche de l’art d’Eugène Isabey auquel Le Poittevin fut souvent comparé. Par le sujet et le traitement, cette toile évoque également celles de son quasi contemporain Philippe-Auguste Jeanron.
Le Musée de Fécamp conservait déjà deux toiles de Le Poittevin ; l’une d’elle servit d’enseigne à l’hôtel Blanquet où séjourna Claude Monet.

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