Bacon et Le Poittevin : deux tableaux pour le Musée des Pêcheries

28/6/19 - Acquisitions - Fécamp, Musée des Pêcheries - Deux représentations d’Étretat ont rejoint les collections du Musée des Pêcheries de Fécamp : les Lavandières sur la plage d’Henry Bacon (1882) et les Pêcheurs de rocaille d’Eugène Le Poittevin (1860).

Huile sur carton sans doute peinte sur le motif, l’étude des Lavandières était proposée le 19 janvier 2019 à l’hôtel des ventes de Fécamp, par Maître Sébastien Chalot (ill. 1) et adjugée 1 463,20 euros (frais inclus). Elle était alors attribuée à Charles Landelle, à cause de l’inscription en bas à gauche de la composition, considérée comme une signature alors qu’il s’agit plus probablement d’une dédicace, comme le suggère la directrice du musée Marie-Hélène Desjardins.


1. Henry Bacon (1839-1912)
Lavandières sur la plage, 1882
Huile sur carton - 11,5 x 22 cm
Fécamp - Musée des Pêcheries
Photo : Musée des Pêcheries
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Né à Laval, Landelle est en effet connu pour ses toiles orientalistes et religieuses, il est aussi réputé pour ses portraits ; il en réalisa un certain nombre lors de ses nombreux séjours à Étretat à partir de 1861, où il se fit construire une maison, préférant, plutôt que la vie des pêcheurs, représenter les artistes et la haute société venue profiter des bords de mer. Mounet-Sully par exemple, acteur de la Comédie Française, posa pour lui en 1875 ; son portrait se trouve aujourd’hui dans les collections du musée de Fécamp.
Le sujet et le style de ce petit tableau ne correspondent donc pas à la production de Landelle, et l’on peut plus probablement reconnaître la main de l’Américain Henry Bacon qui aurait donc offert cette étude à Charles Landelle.
Bacon fut peintre de campagne pendant la guerre de Sécession, avant de partir pour Paris en 1864 où il devint l’élève de Cabanel et de Gérôme. Là, il fut à la fois peintre de genre et journaliste pour un journal de Boston.
Il séjourna tous les étés à Étretat entre 1864 et 1896 et lui consacra même un livre, Etretat, hamlet of the setting Sun ; a Norman Village and its Surroundings », paru en 1897. Sur place, le peintre représenta aussi bien les pêcheurs que les baigneurs ; le thème des lavandières revient à plusieurs reprises dans ses œuvres, peintures ou [aquarelles]. Il le représenta aussi sur un éventail conservé au musée de Fécamp dont la composition est assez proche de l’étude récemment achetée. Plusieurs artistes peignirent les lavandières d’Étretat, Boudin par exemple, ou bien Schuffenecker
Henry Bacon se rendit en Égypte en 1897 et y retourna régulièrement à partir de 1899. Il y mourut en 1912.


2. Eugène Poidevin dit Le Poittevin (1806-1870)
Pêcheurs à Etretat, 1860
Huile sur toile - 44 x 60 cm
Fécamp - Musée des Pêcheries
Photo : Musée des Pêcheries
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L’autre tableau acquis par le musée des Pêcheries fut peint par Eugène Le Poittevin en 1860 (ill. 2). Acheté à la Galerie Saint Thomas à Montreuil, il met en scène l’un des sujets de prédilection de l’artiste : les pêcheurs à Étretat. Il décrit ici une « pêche à pied » ou « de la rocaille » c’est-à-dire le ramassage des coquillages et des crabes lors de la marée basse. Le Poittevin, qui découvrit le village normand grâce à son ami Eugène Isabey, s’y fit construire un atelier et une maison en 1851, déclinant sur la toile pêcheurs, baigneurs, élégantes sur la plage dans des scènes à la fois pittoresques et réalistes. Il propose ici un cadrage audacieux, resserré sur les personnages si bien que la fameuse aiguille d’Étretat est coupée. Le musée a acquis plusieurs toiles d’Eugène Le Poittevin ces dernières années (voir les brèves) et envisage de lui consacrer une exposition prochainement.

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