Deux tableaux par Bourdon et Bidauld acquis par Montpellier chez Christie’s New York

1. Sébastien Bourdon (1616-1671)
La Fuite en Égypte
Huile sur toile - 97 x 130,7 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Christie’s
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23/4/18 - Acquisitions - Montpellier, Musée Fabre - Jeudi 19 avril, le Musée Fabre de Montpellier est allé faire ses courses à New York, chez Christie’s, grâce à sa fondation d’entreprises qui a financé l’achat de deux œuvres.

La première est une toile de Sébastien Bourdon, artiste montpelliérain pour lequel le musée poursuit une politique d’acquisition volontaire (il a ainsi acquis récemment une esquisse religieuse et une esquisse profane). Il s’agit cette fois d’une grande composition achevée, datant d’après 1665 selon Jacques Thuillier, donc de la dernière partie de la carrière du peintre mort en 1671. Cette toile, qui montre des affinités avec l’art de Nicolas Poussin, a fait partie de la collection de Charles-Alexandre de Calonne, ministre des finances de Louis XVI et mécène d’Élisabeth Vigée-Lebrun. Elle a été achetée pour 87 500 $ avec les frais, soit l’équivalent de 71 500 €. En 1978 ce tableau avait été acquis par un musée d’université américain, le La Salle University Art Museum. Celui-ci a cédé chez Christie’s New York, outre ce Bourdon, pas moins de vingt-deux autres tableaux dont un Ingres, alors que sept autres n’ont pas trouvé preneur et que dix-sept restent à vendre. Ce scandale qui, même aux États-Unis où les ventes d’œuvres sont possibles pour les musées (mais uniquement pour racheter d’autres œuvres, ce qui n’est pas le cas ici), a déclenché une vague de protestation, notamment parmi les étudiants de l’université, en vain. Il aura au moins fait le bonheur d’un musée français.

2. Jean-Joseph-Xavier Bidauld (1758-1846)
Paysage alpin avec baigneurs et pêcheurs dans leur bateau
Huile sur toile - 40,4 x 52,8 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Christie’s
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L’autre tableau est un très joli paysage de Jean-Joseph-Xavier Bidauld que le musée a pu acheter pour exactement le même prix, 87 500 $ avec les frais, que le Bourdon. Il représente un paysage montagneux avec des baigneurs (ou plutôt d’ailleurs des baigneuses, entièrement dévêtues) et des pêcheurs, d’une très grande poésie. On admirera autant le ciel nuageux, digne des plus beaux tableaux de Valenciennes que le paysage aux coloris presque pastel [1]. D’après le catalogue Christie’s, les petites figures pourraient être dues à un des artistes avec lesquels Bidauld avait l’habitude de collaborer : Guillaume Guillon-Lethière, Carle Vernet, François Gérard oui Louis-Léopold Boilly. Compte-tenu de leur petite taille, il semble cependant possible que l’artiste ait réalisé tout le tableau.
Montpellier, qui est riche en paysages néoclassiques, notamment par Louis Gauffier (à qui il consacrera bientôt une rétrospective), ne conservait jusqu’à présent aucune œuvre de Bidauld qui fut le premier paysagiste à entrer à l’Institut en 1823.

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