Deux tondi de Louis de Boullogne l’ancien acquis par Caen

12/1/11 - Acquisitions - Caen, Musée des Beaux-Arts - Le musée normand a acheté récemment à Paris, auprès de la Galerie Jacques Leegenhoek, deux petits panneaux ronds de Louis de Boullogne (ou Boulogne) l’ancien, l’un des fondateurs de l’Académie Royale de peinture en 1648. Nous avions signalé ici-même (voir brève du 20/6/10) leur passage en vente chez Artcurial le 21 juin 2010, sous une attribution à l’école française du XVIIe siècle (entourage de Charles Poerson). L’un des deux porte au verso une inscription en partie effacée qui a orienté les recherches vers Boullogne, confirmées sur le plan stylistique.


1. Louis de Boullogne l’ancien (1609-1674)
Céphale et Procris (?)
Huile sur panneau - Diamètre : 16 cm
Caen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Caen, Musée des Beaux-Arts
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2. Louis de Boullogne l’ancien (1609-1674)
La Mort de Procris
Huile sur panneau - Diamètre : 16 cm
Caen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Caen, Musée des Beaux-Arts
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L’iconographie exacte est encore débattue. Première question : les deux couples sont-ils les mêmes d’un panneau à l’autre. Lors de la vente, ceux-ci étaient décrits comme Céphale et Procris d’un côté, Diane et Adonis de l’autre. Patrick Ramade, directeur du musée de Caen, pense y voir plutôt deux épisodes de l’histoire de Céphale et Procris.
La seconde scène semble indubitablement représenter la mort de Procris dans les bras de Céphale. Si la mythologie (voir notamment Les Métamorphoses d’Ovide) parle d’un javelot magique [1], la plupart des représentations de cette scène aux XVIIe et au XVIIIe siècles transforme celui-ci en une flèche, faisant de Céphale un archer.
En revanche, le premier tableau peut laisser planer un doute. La femme qui tient la flèche porte en effet sur la tête le croissant de lune, qui identifie habituellement Diane. Procris étant considérée comme une servante de la déesse, qui lui promit l’amour de Céphale et lui remit l’arme magique, il n’est pas impossible que l’attribut ait été ajouté par le peintre pour que l’on reconnaisse Procris (qui ne le possède pas dans la scène de sa mort). Il resterait cependant à expliquer que les costumes des deux protagonistes ne sont pas tout à fait les mêmes d’une scène à l’autre (cape de l’homme tantôt rouge, tantôt verte ; robe verte et robe rose pour la femme) mais même les héros mythologiques ont le droit de se changer...

La forme et la taille de ces deux tableaux rappellent certaines œuvres de Charles Poerson, ce qui explique la mention du catalogue de vente parlant de l’entourage de ce peintre. L’œuvre de Louis de Boullogne l’ancien est mal connu, plus mal encore que ceux de ses deux fils Bon Boullogne l’aîné et Louis de Boullogne le jeune. Sa fille Madeleine était également peintre.

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