Hervé Lemoine nommé à la tête du Mobilier National

Hervé Lemoine
Photo : D. R.
Voir l´image dans sa page

25/1/18 - Nomination - Paris, Mobilier National - Hervé Lemoine, jusqu’à présent directeur, chargé des archives à la direction générale des Patrimoines, quittera son poste le 12 février pour prendre la tête du Mobilier national et de la manufacture nationale des Gobelins. Ce service à compétence nationale, dont la collection est d’une richesse exceptionnelle, était sans directeur depuis plusieurs mois, quand Hervé Barbaret qui exerçait ce poste avait été nommé à celui de secrétaire général du ministère de la Culture [1].

C’est la première fois depuis très longtemps - depuis le départ forcé de Jean-Pierre Samoyault en 2003, scandaleusement limogé pour avoir déplu à Bernadette Chirac (voir cet article de Vincent Noce dans Libération - qu’un conservateur du patrimoine est nommé à la tête de cette prestigieuse institution. Généalogiste, Hervé Lemoine a fait presque toute sa carrière dans le domaine des archives, au ministère de la Défense de 1988 à 2007, puis comme directeur des Archives de France à partir de 2010. Il avait participé activement, entre ces deux dernières dates, à l’aventure avortée de la Maison de l’Histoire de France, puis avait passé une année, de janvier 2009 à février 2010, à la tête du Musée des Monuments Français au sein de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Il a notamment, comme directeur des Archives, largement contribué à permettre le remontage des décors de la Chancellerie d’Orléans dans l’hôtel de Rohan-Strasbourg.

Le Mobilier National a une importance patrimoniale majeure dont nous avons déjà parlé à maintes reprises sur ce site. Il est responsable, d’abord, du mobilier de l’État déposés dans les ministères et les administrations publiques. Il est aussi en charge des œuvres antérieures à 1800 qui, sauf exception pour l’Elysée et Matignon, n’ont plus vocation à être déposées dans les bâtiments publics, ce qui implique une collaboration accrue avec les musées, désormais les seuls à pouvoir en bénéficier. Il gère un grand espace muséal où ont été organisées de très nombreuses expositions autour de ses collections. Et, enfin, il dirige les ateliers des Gobelins qui continuent aujourd’hui à former des lissiers et à produire des tapisseries.

Hervé Lemoine quitte une direction en crise, marquée ces dernière années par la politique erratique des différents ministres de la Culture, notamment la décision de fermeture du site de Fontainebleau, les interrogations très fortes sur la capacité de stockage des différents sites, et plus récemment les craintes liées à l’idée de ne conserver que les archives « essentielles », faisant ainsi craindre des destructions qui, selon les syndicats, auraient déjà commencé avec celle d’une grande partie des archives définitives du dépôt légal.

Didier Rykner

P.-S.

Article mis à jour deux heures après la parution : ajout de l’information sur les décors de la Chancellerie d’Orléans, que nous avions omise mais qui est importante pour montrer l’intérêt qu’Hervé Lemoine porte au patrimoine, et une rectification sur son poste à la Cité de l’architecture.

Notes

[1L’arrêté de nomination d’Hervé Lemoine précise qu’il l’est pour un an. Il s’agit en réalité d’une nouvelle subtilité (définie par ce décret de 2012) : les chefs de service qui exercent pour la première cet emploi sont désormais nommés par le Premier ministre pour un an, puis renommés pour deux ans, et enfin pour trois ans (donc six ans au maximum, ce qui paraît bien court). Le Mobilier National étant un « service à compétence nationale », si Hervé Lemoine exerce bien la fonction de directeur, administrativement il est chef de service, ce qui explique cette nomination d’un an. C’est sans doute ce que l’on appelle la « simplification administrative »...

Mots-clés

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.