L’engagement solennel de Nicolas Sarkozy en faveur du patrimoine démenti par Christine Lagarde

Christine Lagarde
Ministre de l’Économie,
de l’Industrie et de l’Emploi
© Service photographique de Bercy
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15/9/10 – France – Patrimoine – Habituellement, il se passe au moins quelques mois entre une promesse politique et la mise en œuvre de son contraire. Le mensonge peut ainsi passer plus facilement inaperçu. Parfois pourtant, le délai est beaucoup plus court.

Dans son discours prononcé dimanche 12 septembre à Lascaux (voir brève du 12/9/10), le président de la République annonçait en effet solennellement : « Je veux également rendre hommage aux gestionnaires privés de monuments historiques et je veux confirmer au ministre de la culture que je défendrai la fiscalité incitative qui permet à des propriétaires privés d’entretenir un patrimoine historique […] C’est un engagement que je prends […] Je crois beaucoup à l’investissement dans le patrimoine et à la fiscalité incitative, pour aider tous ceux dont la passion est de refaire un château ou de constituer des collections. »

Or, selon Le Figaro qui a interviewé le 15 septembre (trois jours seulement après l’engagement solennel du président de la République), la ministre des Finances, Christine Lagarde, celle-ci a annoncé que parmi les 22 « niches » fiscales qui seraient diminuées de 10 % se trouvaient « les travaux de conservation ou de restauration d’objets mobiliers classés » et « les dépenses supportées en vue de la restauration complète d’un immeuble bâti » dans les secteurs protégés (réduction d’impôts dite « Malraux »).

Les réductions d’impôts accordées aux restaurations de monuments historiques ne sont pas des niches fiscales mais une contrepartie compensant les contraintes pesant sur les propriétaires d’objets et de bâtiments classés ou inscrits qui par ailleurs font œuvre d’utilité publique. Nicolas Sarkozy ne disait d’ailleurs pas autre chose en affirmant : « Quand même, quand il y a des gens passionnés qui ont de l’argent, qui mettent cet argent au service de leur passion, que cette passion fait grandir le patrimoine culturel français, eh bien tant mieux ! Je le dis très simplement, avoir des mécènes et des donateurs n’est pas réservé aux Etats-Unis. Nous devons nous aussi préserver cette force que représente la passion d’hommes et de femmes qui ont réussi leur vie professionnelle, et qui souhaitent faire de ces moyens qui sont les leurs, autre chose que leur seule satisfaction personnelle. Dois-je les décourager ou dois-je les encourager ? Je veux les en féliciter, parce qu’ils participent de cette spécificité française. »
On s’interroge : Nicolas Sarkozy peut-il être désavoué par sa ministre des Finances ?

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