La Bourse du Commerce, futur lieu d’exposition de la collection Pinault

26/6/17 - Patrimoine - Paris, Bourse du Commerce - Dans la compétition Arnault-Pinault, le second est indiscutablement meilleur dès que l’on touche au patrimoine. Alors que la Fondation du premier - quelles que soient ses indéniables qualités architecturales - est venue s’implanter dans le bois de Boulogne grâce à un vote sur mesure du Parlement régularisant ce qui était auparavant interdit, alors que la Samaritaine est devenue la catastrophe patrimoniale que l’on connaît (voir nos articles) - et que la médiocrité architecturale du bâtiment de Sanaa va défigurer à jamais la Rue de Rivoli, François Pinault, beaucoup plus malin et respectueux, va installer comme à Venise sa propre Fondation dans un monument historique sans massacrer celui-ci, ce qui de nos jours ressemble à un exploit.


1. Vue de l’intérieur du cylindre construit par Tadao Ando
© Artefactory Lab ; Tadao Ando Architect & Associates ;
NeM / Niney & Marca Architectes ;
Agence Pierre-Antoine Gatier.
Courtesy Collection Pinault – Paris.
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2. Vue du haut du cylindre construit par Tadao Ando
© Artefactory Lab ; Tadao Ando Architect & Associates ;
NeM / Niney & Marca Architectes ;
Agence Pierre-Antoine Gatier.
Courtesy Collection Pinault – Paris.
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La Bourse du Commerce va donc, se transformer, et c’est l’architecte japonais Tadao Ando, avec l’architecte des monuments historiques Pierre-Antoine Gatier, qui est chargé du projet. Il installera, au cœur de ce bâtiment rond, une construction circulaire qui laissera voir à la fois la coupole et la grande frise (ill 1 et 2) peinte due aux pinceaux de Désiré Laugée, Evariste Luminais, Georges Clairin, Hippolyte Lucas et Alexis-Joseph Mazerolle ((ill. 3) que l’on pourra approcher de plus près.
Le tout se fera sans toucher à la structure du bâtiment, de manière réversible (une réversibilité relative cependant, on ne voit pas bien comment on pourrait un jour revenir en arrière) et en laissant visible à la fois la coupole et les peintures plafonnantes.


3. Vue de la coupole et de la frise peinte de la Bourse du Commerce
Photo : Didier Rykner
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4. Vue de l’intérieur de la Bourse du Commerce débarrassée
des bureaux et avant la construction du cylindre de Tadao Ando
Photo : Didier Rykner
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Certes, la découverte de ce grand espace, débarrassé des bureaux qui l’obstruaient et masquaient son décor et les murs (ill. 4), laissera un regret : que l’on n’ait pas utilisé ce lieu sans rien y construire, ce qui aurait été parfaitement possible, plus beau et certainement beaucoup moins cher. Mais faire travailler un starchitecte est désormais une constante de ces grands projets, et celui-ci aurait sans doute paru mesquin s’il s’était agi de seulement restaurer le monument. Au moins a-t-on choisi un excellent architecte et pas Dominique Perrault qui officie non loin sur la Poste du Louvre en dénaturant son architecture métallique (voir l’article), ou Yves Lion qui, après le Musée des Beaux-Arts de Dijon (voir l’article), est venu à nouveau sévir à Blérancourt (nous en parlerons prochainement).

Ce qui sera exposé à la Bourse du Commerce sort de notre champ. Mais la visite de ce monument sera intéressante pour le contenant, autant que pour le contenu.

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