La maquette de sa façade de retour dans la cathédrale d’Orléans après restauration

14/6/11 - Restauration - Orléans, Cathédrale Sainte-Croix - Il est rare de conserver des maquettes d’architectes du XVIIIe siècle à usage de modèle. Celle de la façade de la cathédrale d’Orléans, par Jacques V Gabriel, premier architecte de Louis XV, est particulièrement spectaculaire et peu connue, car si elle était exposée au public depuis probablement 1827 jusqu’en 2001, c’était au premier étage de l’escalier d’honneur de la bibliothèque municipale (ancien évêché), peu fréquentée par les touristes (ill. 1).
En mai 2001, elle fut transportée à Reims et présentée au Palais du Tau dans l’exposition Vingt siècles de cathédrale. Elle fut ensuite montrée dans le hall du Musée des Beaux-Arts d’Orléans entre juillet 2004 et novembre 2006 avant d’être à nouveau démontée et stockée dans la cathédrale. Restaurée au début de cette année, elle vient de retourner, on l’espère définitivement, dans la cathédrale où elle était restée de 1740 à 1827 (ill. 2).


1. La maquette en 1913
dans l’ancien palais épiscopal,
ancienne bibliothèque municipale
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2. La maquette remontée dans la cathédrale,
réinstallation des moulage des statuettes
Photo : DRAC Centre
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3. Les trois statuettes en terre-cuite après restauration
Photo : DRAC Centre
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Exécutée en bois, approximativement à l’échelle 1/18e, elle mesure pas moins de 4,32 mètres de haut et 2,92 mètres de large. A l’origine, comme on peut le voir sur l’illustration 1, quatre statuettes en terre cuite se trouvaient placées sur la galerie haute, dont seules trois subsistent aujourd’hui malheureusement en partie mutilées. Elles ont été restaurées [1] (ill. 3) et remplacées par des moulages pour éviter qu’elles ne soient volées.
Le projet de Gabriel, présenté à Louis XV, s’inspirait pour une grande part d’un projet antérieur prévu par l’architecte Guillaume Hénault. Gabriel lui-même mourut en 1742 alors que l’élévation n’atteignait pas 15 mètres. Son successeur, Louis-François Trouard, modifia le dessin en ajoutant notamment un étage aux tours. Lui-même disparut, en 1773, alors que la façade n’allait que jusqu’à la galerie haute, avant que la construction des tours n’ait commencé. Celles-ci furent édifiées par l’architecte Legrand, et le dernier étage, suivant un nouveau plan circulaire coiffé de huit sculptures d’anges dues à François-Nicolas Delaistre, fut réalisé par Pierre-Adrien Pâris [2]. Tout au long du XVIIIe siècle, on construisit donc une façade gothique pour compléter le monument, qui correspond peu ou prou à celle que l’on peut voir aujourd’hui (ill. 4).


4. Cathédrale Sainte-Croix d’Orléans
Photo : Didier Rykner
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5. La maquette en cours de restauration
Photo : DRAC Centre
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6. La maquette réinstallée
dans la cathédrale d’Orléans
Photo : DRAC Centre
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La restauration, effectuée dans les Ateliers de La Chapelle, au Longeron, en Maine-et-Loire (ill. 5), avec pour maîtrise d’ouvrage la Conservation régionale des monuments historiques et comme maître d’œuvre Gilles Blieck, conservateur des monuments historiques en collaboration avec le service territorial de l’architecture et du patrimoine du Loiret (Frédéric Aubanton, architecte des Bâtiments de France, conservateur de la cathédrale d’Orléans, et Patrick Trémillon, dessinateur), a consisté à enlever les réparations abusives, parfois récentes, à réparer les cassures et les collages défectueux et à alléger la peinture qui avait été posée dans les années 1940.
La maquette de la façade fait donc son retour à l’emplacement où elle se trouvait au XVIIIe siècle, bénéficiant désormais d’une nouvelle jeunesse et dotée d’un éclairage [3] et d’un nouveau support, spécialement conçus pour elle (ill. 6). L’intégralité des travaux (un peu plus de 100 000 €) a été financée par la DRAC Centre.

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