La restauration en cours de la nef de Saint-Germain-des-Prés

21/9/18 - Restauration - Paris, église Saint-Germain-des-Prés - La restauration de l’église Saint-Germain-des-Prés, grâce au fonds de dotation créé à cette occasion et qui a jusqu’à présent financé plus de 80% des travaux (voir cet article), se poursuit aujourd’hui, et jusqu’à la fin de l’année, par la restauration de la nef (ill. 1 et 2).


1. Vue du plafond d’Alexandre Denuelle
à Saint-Germain-des-Prés
en cours de restauration
Photo : Didier Rykner (15/9/18)
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2. Échafaudage de la nef de
Saint-Germain-des-Prés
en cours de restauration
Photo : Didier Rykner (15/9/18)
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Si la Ville de Paris ne peut se prévaloir de ce chantier sur le plan financier, nous devons cependant une fois de plus reconnaître l’excellence de ses équipes en charge de celui-ci. La Conservation des Objets d’Arts Religieux et Civils qui suit le chantier, comme les nombreux restaurateurs qui y travaillent. Notons enfin que l’architecte en chef des monuments historiques est Pierre-Antoine Gatier. Nous avons déjà vu les résultats spectaculaires de la restauration du chœur et des transepts (voir la brève du 22/12/17).


3. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Michée, détail
Située à droite de la nef, cette figure a beaucoup souffert, sans doute
en raison d’un dégât des eaux. Elle est en cours de réintégration.
Paris, église Saint-Germain-des-Prés
Photo : Didier Rykner (15/9/18)
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4. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Amos, Malachie, Nahum, détail
Située à droite de la nef, et à côté de Michée, ces figures ont beaucoup souffert, sans doute en raison d’un dégât des eaux.
Paris, église Saint-Germain-des-Prés
Photo : Didier Rykner (15/9/18)
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La nef est apparue en moins bon état que le reste de l’édifice. Certaines des peintures murales du côté droit, c’est-à-dire du sud, ont particulièrement souffert, probablement à cause d’un dégât des eaux dans le passé, mais qui n’a pas été documenté. Certaines figures ont subi des pertes sévères de matière, par exemple celles de Michée ou d’Amos (ill. 3 et 4).
Des difficultés sont apparues au cours de la restauration, comme le décollement de la couche picturale à certains endroits, ce qui imposait de refixer celle-ci avant de procéder au nettoyage.
La nef était très encrassée, ce que l’on peut voir par exemple en comparant une partie du ciel étoilé qui n’a pas été encore nettoyé et le même ciel après restauration, ou qui se distingue nettement sur des parties en cours de nettoyage (ill. 5).


5. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
La Cène, détail
Cette peinture, située du côté gauche, est en cours de nettoyage.
Paris, église Saint-Germain-des-Prés
Photo : Didier Rykner (15/9/18)
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Il reste que malgré tout, et même pour les parties les plus touchées, la restauration très soigneuse qui est en cours (décrassage, nettoyage, fixation, comblement à l’aquarelle des parties abimées afin que tout soit parfaitement réversible…) permet de rendre la pleine lisibilité des œuvres. Cela est d’autant plus vrai que l’on s’éloigne des peintures qui sont vues d’assez loin.
Monter sur les échafaudages, et voir de près ce qui normalement n’est visible que du sol, est un grand privilège que quelques visiteurs ont pu expérimenter lors des journées du patrimoine. On constate ainsi non seulement l’extraordinaire beauté des figures (ill. 6 à 8), mais aussi des détails à peine visibles en temps normal, comme les petits animaux fantastiques peints par Denuelle dans certains écoinçons de la voûte, ou encore les gouttes de peinture tombées pendant les travaux de décoration et laissés en place car ils sont invisibles de la nef. On dispose également d’une vue étonnante sur le chœur et sur le transept.


6. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Le Baptême du Christ, détail
Peinture à la cire
En cours de restauration
Paris, église Saint-Germain-des-Prés
Photo : Didier Rykner (15/9/18)
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7. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Abraham, détail
Peinture à la cire
En cours de restauration
Paris, église Saint-Germain-des-Prés
Photo : Didier Rykner (15/9/18)
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8. Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Le Baiser de Judas
Peinture à la cire
En cours de restauration
Paris, église Saint-Germain-des-Prés
Photo : Didier Rykner (15/9/18)
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Nous ne manquerons pas de signaler la fin de ce chantier qui devrait néanmoins se poursuivre ensuite par les bas-côtés, et notamment les grands tableaux qui se trouvent à gauche, mais aussi par la restauration de la petite coupole peinte par Jean Restout.
Une fois l’église entièrement restaurée, elle sera le meilleur argument pour forcer la mairie à augmenter les ressources dédiées aux églises parisiennes qui souffrent grandement. Pour ne parler que d’Hippolyte Flandrin, son décor d’une chapelle de l’église Saint-Séverin est dans un état désastreux (il est vrai que les dégradations ont commencé très tôt après la fin de son exécution), et l’église Saint-Vincent-de-Paul, qui bénéficie d’une grande frise peinte par le peintre, est un grand sujet de préoccupation pour tous les amateurs d’art du XIXe siècle.

Pour une visite plus complète des peintures de la nef en cours de restauration, nous renvoyons vers cet article de la rubrique Itinéraires (accessible uniquement par les abonnés).

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