La vente Christie’s : une occasion unique de visiter le palais abbatial de Royaumont

15/9/11 - Patrimoine et marché de l’art - Royaumont, Palais abbatial - Si la nouvelle a pu en inquiéter certains [1], la vente qui se déroulera la semaine prochaine (les 19, 20 et 21 septembre) des collections conservées au palais abbatial de Royaumont (ill. 1) n’est en aucun cas anormale. Il ne s’agit pas, en effet, du mobilier d’origine de cette magnifique demeure, véritable villa palladienne située à une heure à peine de Paris. Acquise en 1923 par le baron et la baronne Eugène Fould-Springer, son ameublement, effectué avec beaucoup de goût, ne date en effet pour l’essentiel que de l’entre-deux-guerres, et si l’on peut regretter sa dispersion, il ne s’agit que du fonctionnement normal du marché de l’art, et non du démantèlement d’un ensemble historique. Appartenant aujourd’hui à leur petit-fils Nathaniel de Rothschild, cette propriété, très bien entretenue, n’était plus habitée depuis la fin des années 1980.


1. Louis Le Masson (1743-1829)
Palais abbatial de Royaumont
Asnières-sur-Oise
Photo : Didier Rykner
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2. Louis Le Masson (1743-1829)
Escalier principal du palais abbatial de Royaumont
Asnières-sur-Oise
Photo : Didier Rykner
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3. Alfred de Dreux (1810-1860)
L’Impératrice Eugénie
Huile sur toile - 31,5 x 23,5 cm
Vente Christie’s Paris, 19 au 21 septembre 2011
Photo : Christie’s
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De manière exceptionnelle, le palais sera ouvert au public les samedi 17 et dimanche 18 septembre. Il s’agira d’une occasion unique de découvrir ce bâtiment construit sous Louis XVI par l’architecte Louis Le Masson. Entièrement classé monument historique, l’édifice, sur plan carré, est doté de très belles façades et d’une disposition intérieure très ingénieuse, qui s’articule autour d’un escalier à l’architecture particulièrement originale (ill. 2).
Les objets vendus sont de tous ordres. On y trouve des œuvres graphiques, dont de nombreux dessins d’architecture, des tableaux (on retiendra par exemple un panneau de Louis Gallait, Le Serment de Vargas devant le duc d’Albe ou un petit et ravissant portrait à cheval de l’Impératrice Eugénie par Alfred de Dreux - ill. 3), des porcelaines, des bronzes... Les objets les plus importants sont des meubles, parmi lesquels une table d’époque Consulat, attribuée à Pierre-Philippe Thomire, une paire de fauteuils à châssis d’époque transition, estampillée par Jean-Jacques Pothier, ou un meuble d’appui de Joseph Baumhauer ou Gaspard-Joseph Baumhauer, estampillé à quatre reprises Joseph, d’époque Louis XVI avec réutilisation d’une marqueterie Boulle Louis XIV (ill. 4).
Les estimations sont parfois fort basses, comme celle d’un grand dessin de Louis-Jean Desprez, annoncé seulement 2 000 à 3 000 € (ill. 5).


4. Joseph ou Gaspard-Joseph Baumhauer
Meuble d’appui
90,5 x 113,5 x 51,5 cm
Vente Christie’s Paris, 19 au 21 septembre 2011
Photo : Christie’s
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5. Louis-Jean Desprez (1743-1804)
La Girandola au Castel Sant’Angelo à Rome
Plume et encre noire, aquarelle sur traits gravés - 59 x 46,5 cm
Vente Christie’s Paris, 19 au 21 septembre 2011
Photo : Christie’s
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6. Décor du XVIIIe siècle installé par le baron Eugène Fould-Springer
dans une pièce du palais Abbatial de Royaumont.
Ce décor, bien que n’étant pas d’origine, restera en place.
Photo : Didier Rykner
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Après la vente, il sera transformé en lieu de séminaire et en hôtel de luxe. Rien, dans son aménagement intérieur, ne s’y oppose et ne fait craindre qu’il puisse subir un quelconque vandalisme, d’autant que les quelques décorations peintes, datant du XVIIIe siècle mais mises en place dans le palais par le baron Fould-Springer (ill. 6) ne seront pas enlevées, ce qui pour le coup aurait été très regrettable. La réutilisation de monuments historiques n’est pas forcément scandaleuse du moment que la nouvelle fonction est adaptée à l’architecture, et non l’inverse.

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