Le bureau de Marie-Antoinette par Jean-Henri Riesener retourne à Versailles

21/3/11 - Acquisition - Versailles, Musée National du Château - Malgré les difficultés économiques actuelles qui ont tendance à faire diminuer le mécénat, le château de Versailles vient de s’enrichir par ce moyen d’un meuble majeur : le bureau que Marie-Antoinette avait commandé à Riesener en 1783 (ill. 1). Sa provenance est indiquée par les marques qu’il porte : CT (comme Château de Trianon) sous une couronne royale, et le n° 84 qui correspond au salon de la maison de la Reine au Hameau.


1. Jean-Henri Riesener (1734-1806)
Bureau, 1783
Bronze, amarante, sycomore teinté - 76 x 111 x 63 cm
Versailles, Musée national du Château
Photo : Christian Milet
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2. Détail des bronzes du bureau
de Jean-Henri Riesener
Photo : Christian Milet
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3. Le Cabinet Doré de Marie-Antoinette
avec le bureau de Riesener
Château de Versailles
Photo : Christian Milet
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Même les moins connaisseurs en mobilier pourront admirer l’extraordinaire élégance et la légèreté de ce bureau, un authentique chef-d’œuvre. Le placage en bois précieux est fait d’amarante et de sycomore teinté. Les bronzes sont d’un raffinement exquis, les quatre faces étant ornées de reliefs représentant des jeux d’amours musiciens parmi des nuées (ill. 2).
Il est évidemment très rare et quasiment inespéré de pouvoir acquérir un tel meuble, beaucoup de ceux de Riesener réalisés pour le château de Versailles, vendus à la Révolution, se trouvant aujourd’hui dans des musées aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Ce bureau a été acheté auprès de la maison Kraemer qui le possède depuis 1997 alors qu’il appartenait auparavant à l’une des branches des Rothschild. Il est intéressant de noter qu’il y a environ quarante-cinq ans, la famille Kraemer avait donné à Versailles l’encrier qui se trouvait sur ce meuble, sans savoir qu’elle posséderait un jour celui-ci. L’ensemble, bureau plus encrier, ne regagnera pas le Hameau de la Reine car les conditions de sa conservation n’y sont pas assurées. Ils seront installés dans le château [1], dans le Cabinet doré de Marie-Antoinette (dont les chenets qui se trouvent dans la cheminée avaient également été offerts par la Maison Kraemer). Notons enfin que ce meuble, reconnu œuvre d’intérêt patrimonial majeur, a pu être acquis grâce au mécénat du Groupe LVMH Moët-Hennessy-Louis Vuitton et de la société Sanofi-Aventis [2].

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