Le Cannet préempte un tableau de Bonnard

Pierre Bonnard (1867-1947)
Paysage du Midi par temps de mistral
ou La Tranchée au Cannet, 1922
Huile sur toile - 49 x 62 cm
Le Cannet, Musée Bonnard
Photo : Boisgirard
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4/7/13 - Acquisition - Le Cannet, Musée Bonnard - Les enchères sont montées jusqu’à 230 000 euros, un peu plus que ce que Véronique Serrano, directrice du Musée Bonnard du Cannet, espérait ; encouragée dans la salle par un amateur de l’artiste, elle a malgré tout préempté ce tableau, mis en vente par Boisgirard le 12 juin dernier.
Intitulée Paysage du Midi par temps de mistral ou La Tranchée au Cannet, la toile a été peinte en 1922, l’année même où Pierre Bonnard s’installa au Cannet, louant la villa Maison Blanche, puis L’Hirondelle l’année suivante et Le Rêve en 1924 et 1925, avant d’acquérir Le Bosquet. Comme tous les artistes qui séjournèrent dans le sud de la France, il fut ébloui par la lumière méditerranéenne, au sens propre comme au figuré, « affolé » par la couleur du Midi, à laquelle il tenta cependant de ne pas sacrifier la forme. Il délesta peu à peu ses paysages de tout pittoresque pour offrir une vision synthétique de la nature.

Le tableau préempté par le Musée Bonnard, nuancé de bleus et de violets, traduit cette chaleur que Cézanne, à L’Estaque, définit par ces mots : « le soleil y est si effrayant qu’il me semble que les objets s’enlèvent en silhouettes non pas seulement en blanc ou en noir, mais en bleu, mais en rouge, en brun, en violet. Je puis me tromper, mais il me semble que c’est l’antipode du modelé. » [1]
La composition du tableau ouvre une voie au spectateur, elle lui fait pénétrer le paysage par une route qui descend et s’enfonce, et que l’on retrouve dans d’autres œuvres de l’artiste comme La Route rose (1934) ou Vue du Cannet (1917). Bonnard invite le spectateur dans ses promenades au cours desquelles il s’amusait à « définir les différentes conceptions de paysages, paysage "espace", paysage intime, paysage décoratif, etc. Mais comme vision je vois chaque jour des choses différentes, le ciel, les objets, tout change continuellement, on peut se noyer là-dedans. Mais cela fait vivre. » [2].

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