Le CMN acquiert un autoportrait de Madame Dompierre de Fontaine

13/12/18 - Acquisition - Ferney, Château de Ferney-Voltaire - Le Centre des Monuments Nationaux a préempté pour 8500 euros (sans les frais) un autoportrait de Madame Dompierre de Fontaine mis en vente le 5 décembre dernier à l’Hôtel des Ventes d’Angers par maîtres Xavier de La Perraudière et Florian d’Oysonville. Il rejoindra les collections du château de Ferney-Voltaire - rouvert depuis juin 2018 après deux ans et demi de travaux - et plus précisément la chambre de Voltaire où figure déjà le pastel du Petit Savoyard attribué à Madame Dompierre de Fontaine (et non plus à François-Hubert Drouais [1]).


Madame Dompierre de Fontaine (1715-1771)
Autoportrait
Huile sur toile - 32 x 24 cm
Ferney, Château de Ferney-Voltaire
Photo : Ivoire Angers/Saumur
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Madame Dompierre de Fontaine, née Marie-Elisabeth Mignot, était la nièce de Voltaire et la sœur cadette de Madame Denis, née Marie-Louise Mignot, qui fut tout à la fois nièce, gouvernante et compagne de l’écrivain. Elle est connue comme pastelliste mais Voltaire ne précise pas dans les louanges qu’il adresse à ses « tableaux », dans sa correspondance, s’il s’agit de pastels ou d’huile sur toiles. L’acquisition du CMN conforte l’idée que son emploi du pastel n’était pas exclusif.

Cet autoportrait où elle se représente assise tenant un crayon dans la main droite et un portfolio dans la main gauche est connu sous une autre version de même dimension, une huile sur toile non signée attribuée à Drouais et conservée chez les descendants de Madame Dompierre. Selon Neil Jeffares dans son Dictionnaire des pastellistes avant 1800, ces deux toiles pourraient être en rapport avec son autoportrait aujourd’hui disparu exécuté très probablement, mais pas nécessairement, au pastel. Voltaire l’évoque dans une lettre qu’il adresse à sa nièce depuis sa propriété « Les Délices », le 2 juillet 1755 : « Je vous écris ma très chère nièce, en fesant [sic] clouer au chevet de mon lit votre portrait et celui de votre fils. En vérité, voilà trois chefs-d’œuvre de votre façon qui me sont bien chers, vous, le petit d’Hornoy, et son pastel. Vous ne pouviez faire ni un plus joli enfant ni un plus joli portrait. Le vôtre est parfaitement ressemblant. Vous êtes un excellent peintre... ».

Le portrait au pastel de son fils, le petit d’Hornoy, est supposé être Le petit Savoyard sus-cité. Madame Dompierre de Fontaine l’aurait dessiné en copiant au pastel le Jeune garçon au tricorne de Drouais conservé au Louvre, tout comme elle copia, toujours au pastel, un autre portrait attribué à Drouais (anciennement attribué à Carle Van Loo) [2] pour le portrait de sa sœur Madame Elisabeth, conservé au Musée d’art et d’histoire de Genève.

La chambre de Voltaire que devrait rejoindre l’autoportrait de Madame Dompierre de Fontaine n’est plus la chambre d’origine des années 1760 mais celle qui fut réinstallée de l’autre côté du salon central au milieu du XIXe siècle. L’autoportrait prendra place auprès d’œuvres qui l’ont ornée à différentes époques : le Portrait de Marie-Thérèse d’Autriche de Pierre-Joseph Lion, la gravure de La Malheureuse famille Calas de Jean-Baptiste Delafosse, et plusieurs pastels, le Portrait de Voltaire par Maurice Quentin Delatour, le Portrait de l’acteur Lekain par Pierre-Martin Barat, le Portrait de la Marquise du Châtelet attribué à Marianne Loir et Le Petit Savoyard cité précédemment.

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