Le Maître au perroquet identifié

10/12/17 – Attribution – Maître au perroquet – À Anvers, dans la première moitié du XVIe siècle, pas moins d’une centaine d’ateliers étaient actifs, produisant des œuvres pour des commanditaires locaux ou destinées à l’exportation. Beaucoup de peintures restent anonymes et leur production a été regroupée sous le nom d’un maître de convention. Parmi ceux-ci, le Maître au Perroquet a été inventé au début du XXe siècle par Walter Friedländer à partir d’un tableau aujourd’hui conservé au San Diego Art Museum et représentant une Vierge à l’enfant avec un perroquet (ill. 1). Cet oiseau représente l’Immaculée Conception de Marie, née sans péché originel. Autour de cette peinture, Friedländer puis d’autres historiens d’art ont réuni un corpus d’œuvres dont il n’est d’ailleurs pas certain que toutes soient dues à la même main. Ce ou ces artistes sont proches de Pieter Coecke van Aelst et du maître dit des « demi-figures », tous des suiveur de Joos van Cleve. Une œuvre du Maître au Perroquet [1] a récemment été léguée au Musée des Beaux-Arts de Strasbourg (voir la brève du 14/4/09)


1. Cornelis Bazelaere (documenté en 1523)
dit le Maître au Perroquet
Vierge à l’enfant avec un perroquet
Huile sur panneau - 103,8 x 69,8 cm
San Diego, Museum of Art
Photo : Domaine public
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2. Cornelis Bazelaere (documenté en 1523)
dit le Maître au Perroquet
Vierge à l’enfant tenant un perroquet
Huile sur panneau - 40 x 32 cm
Vente Muizion-Rieunier, 11 décembre 2017
Photo : Muizion-Rieunier
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Un panneau (ill. 2) mis aux enchères demain par l’étude Muizon Rieunier à Drouot (expert : Éric Turquin [2]) permet de lever le voile sur l’identité du Maître au Perroquet, en tout cas sur l’auteur du tableau éponyme. Il s’agit là encore d’une Vierge à l’enfant, qui tient le fameux volatile de la main gauche, dont le style est absolument comparable à celui de celle de San Diego, signée Cornelis Bazelaere et datée du 16 janvier 1547 (ou 1542), et semble-t-il - nous n’avons pas pu en voir de reproductions - de tableaux conservés à Plaisance à la Galleria del Collegio Alberoni et à la galerie P. de Boer à Amsterdam en 1963. Le nom de ce peintre est connu par les archives mais on ne connaissait aucun tableau répertorié de sa main. Il est mentionné dans les registres de la Guilde d’Anvers en 1523 comme « maître ». Son fils, Cornelis le jeune, fut également peintre, mais en raison de questions de dates (il n’est mentionné comme maître qu’en 1553), il semble plus probable qu’il s’agisse ici du premier.

Didier Rykner

Notes

[1Notons que le nom de ce maître de convention, est traduit dans chaque langue - Master of the Parrot en anglais, Maestro del Papagayo (en Espagne qui conserve plusieurs oeuvres de lui), Maestro del Pappagallo en Italie, Meister des Papageis en Allemagne, ce qui ne facilite pas la recherche de ses œuvres sur internet.

[2Pour la rédaction de cette brève, nous nous sommes basés largement sur l’étude menée par le cabinet Turquin.

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