Le Musée de Philadelphie achète un dessin de Max Ernst

26/6/19 - Acquisition - Philadelphie, Museum of Art - « Le 10 août 1925, une insupportable obsession visuelle me fit découvrir les moyens techniques qui m’ont permis une très large mise en pratique de cette leçon de Léonard [...]. Je fus frappé par l’obsession qu’exerçait sur mon regard irrité le plancher, dont mille lavages avaient accentué les rainures. [...] Je tirai des planches une série de dessins, en posant sur elles, au hasard, des feuilles de papier que j’entrepris de frotter à la mine de plomb. Et regardant attentivement les dessins ainsi obtenus, [...] je fus surpris de l’intensification subite de mes facultés visionnaires et de la succession hallucinante d’images contradictoires, se superposant les unes aux autres avec la persistance et la rapidité qui sont le propre des souvenirs amoureux. [1] »
Ainsi Max Ernst mit-il au point le procédé du frottage, qu’il utilisa à de nombreuses reprises. La technique est d’ailleurs cohérente avec le manifeste du surréalisme rédigé en 1924 et notamment avec la notion d’écriture automatique.


Max Ernst (1891-1976)
Portrait de Paul Eluard, 1925
Frottage - 41,5 x 25,5 cm
Philadelphie, Museum of Art
Photo : Antoine Laurentin
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Paul Éluard fit partie de ceux qui pratiquèrent cette écriture automatique, et Paul Éluard fut justement portraituré par Max Ernst avec la technique du frottage en 1925. Les traits apparaissent très simplifiés, proches de ceux d’un masque africain ou d’une sculpture cycladique. Ce portrait a été acheté par le musée de Philadelphie à la Galerie Antoine Laurentin. Il rejoint dans les collections une quinzaine d’œuvres de Max Ernst, mais aussi d’André Breton et de Salvador Dali.

Max Ernst rencontra Paul Éluard et sa femme Gala, à Cologne en 1921. Ce fut le début d’une longue amitié et d’une collaboration entre le peintre et le poète, Ernst illustrant à plusieurs reprises les recueils d’Eluard. Il s’installa chez le couple à Paris en 1922 et devint l’amant de Gala. Paul Eluard quant à lui écrivit un poème intitulé « Max Ernst, » qui occupe une place de choix dans son recueil Capitale de la douleur paru en 1926, puisqu’il en est le poème liminaire.

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