Le Musée Gustave Moreau achète une esquisse du peintre éponyme

1. Gustave Moreau (1826-1898)
Pietà, vers 1850-1852
Huile sur toile - 22 x 27 cm
Paris, Musée Gustave Moreau
Photo : Galerie La Nouvelle Athènes
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16/1/17 - Acquisition - Paris, Musée Gustave Moreau - C’est un événement rare, unique même, et il convient de le saluer comme il se doit : le Musée Gustave Moreau a acheté, pour la première fois de sa création, une œuvre du maître.

Il faut dire que la tâche n’est pas facile et que l’abondance des œuvres conservées, tant grandes compositions qu’esquisses et dessins, rend complexe d’enrichir un ensemble dont on pourrait penser qu’il n’a besoin de rien de plus. C’est en grande partie vrai, mais il s’agit là d’un cas intéressant et qui justifie pleinement l’acquisition. Le tableau, vendu par la galerie La Nouvelle Athènes et qui était présentée dans leur dernière exposition de novembre (voir la brève du 14/11/17), est une esquisse préparatoire pour une Pietà (ill. 1) qui fut la première œuvre que Moreau présenta au Salon, en 1852. L’autre tableau qu’il voulait y montrer, un Darius fuyant la bataille d’Arbelles ayant été refusé (il fut cependant exposé l’année suivante).

Or, l’œuvre définitive, qui avait été acquise par l’État pour un dépôt à la cathédrale d’Angoulême, est aujourd’hui non localisée. On connaît néanmoins une photo de Gustave Le Gray (ill 2) qui la montre dans son accrochage au Salon de 1852. L’esquisse présente donc un intérêt tout particulier pour le Musée Gustave Moreau qui peut par ailleurs montrer des dessins préparatoires à cette peinture, documentant ainsi son processus d’élaboration.


2. Gustave Le Gray (1820-1884)
Salon de 1852, Grand Salon mur sud
Épreuve sur papier salé - 26 x 19,4 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Donation publique
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Le jeune Gustave Moreau se montre ici particulièrement sensible à l’exemple de Delacroix, s’inspirant de la composition de ce dernier de l’église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement. Ce thème de la Vierge de Pitié reviendra à plusieurs reprises dans son œuvre et on peut signaler notamment deux peintures conservée au Japon, à Gifu et au musée d’art occidental de Tokyo, plus tardive, ainsi qu’à Harvard, ou encore au Musée d’Orsay une aquarelle avec rehauts de gouache.

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