Le Musée Rodin achète une sculpture de Louis Mathet

20/8/19 - Acquisition - Paris, Musée Rodin - Les marbres de Rodin furent parfois critiqués parce qu’il en sculpta peu lui-même. En effet, il faisait appel à des praticiens pour reproduire certaines de ses œuvres et répondre ainsi aux nombreuses commandes. Parmi ces praticiens, Louis Mathet travailla dans son atelier entre 1893 et 1910, puis entre 1916 et 1918. Il tailla notamment La Petite fée des eaux, La Tempête, Paolo et Francesca dans les nuages, Psyché-Pomone, Le Secret, ou encore Lady Warwick.


Louis Mathet (1853-1920)
Aux cerises , après 1901
Marbre- 58,2 x 35 x 25 cm
Paris, Musée Rodin
Photo : Musée Rodin - Jérome Manoukian
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Mais Mathet conçut aussi ses propres compositions qu’il exposa régulièrement au Salon. Le Musée Rodin a ainsi récemment acheté un marbre de sa main intitulé Les Cerises, passé en vente le 26 juin 2018 à Tarbes. Tarbes étant la ville natale de l’artiste, l’œuvre a été prêtée plusieurs mois au Musée Massey pour qu’elle y soit exposée avant de rejoindre les collections du musée parisien.

Ce marbre reprend l’un des personnages d’une composition monumentale de Louis Mathet, L’Inondation, qui fut présentée au Salon de 1898, puis à l’Exposition universelle de 1900 où elle reçut une médaille d’argent ; elle fut ensuite envoyée à Tarbes pour devenir une fontaine qui fut inaugurée en 1901 (et déplacée en 1934). Avec ce groupe, l’artiste a voulu commémorer la crue survenue dans la ville en 1875. Il a mis en scène une famille qui tente d’échapper à la montée des eaux. Leur nudité leur donne une dimension atemporelle, presque biblique. La mère s’est hissée en haut d’un monticule, tandis que le père serre dans ses bras un nouveau-né et qu’une petite fille apeurée est blottie contre un rocher, sous la branche d’un cerisier. Enfin une chèvre a suivi ses maîtres et se dresse sur ses pattes de derrière pour essayer de se sauver.
Plus tard, l’artiste reprit dans le marbre la figure de la fillette craintive sous une branche de cerisier, pour en faire une œuvre en soi, dont il réalisa cinq reproductions. Le titre transforme la composition en scène bucolique, bien loin du drame du sujet original.

Mathet suit ainsi la même démarche que Rodin qui reprit inlassablement les même figures pour les combiner autrement et composer de nouveaux sujets. Le choix du non-finito est également très rodinien, mais l’ensemble est plus décoratif que ne l’est la production du maître

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