Le Nationalmuseum de Stockholm acquiert des dessins de Salvator Rosa et François Chauveau

1. Salvator Rosa (1615-1673)
Paysage rocheux avec un grand arbre et deux personnages
Plume, pinceau et encre brune, lavis brun et rehauts de blanc sur panneau - 61,3 x 40 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum
Cecila Heisser/Nationalmuseum
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24/5/18 - Acquisitions - Stockholm, Nationalmuseum - Dessiner sur bois n’est pas chose courante, Salvator Rosa s’y est essayé, composant une série de paysages et de scènes historiques sur des panneaux probablement issus de caisses d’emballage.
C’est l’un d’eux que le Nationalmuseum de Stockholm a acheté chez Christie’s Londres le 5 juillet 2017 (pour 68 750 £, frais inclus) ; on avait pu le voir dans une exposition (voir la brève du 31/3/14) que la galerie Marty de Cambiaire consacrait aux dessins napolitains en 2014 (ill. 1) : un arbre tortueux se dresse sur des rochers entre lesquels on aperçoit deux petits personnages. Une autre version est conservée au Musée Fabre de Montpellier [1].
L’atmosphère dramatique de la scène est rendue à la fois par les motifs - la forme inquiétante de l’arbre, la monumentalité des rochers, le ciel nuageux -, par le contraste des ombres et des lumières renforcé par de légers rehauts de blanc, et par le support à proprement parler, surface rugueuse et couleur sombre.
Cette œuvre rejoint dans les collections un deuxième dessin sur bois de l’artiste illustrant Oedipe abandonné, tandis qu’un autre exemple, au Palais Pitti, met en scène La Mort d’Empédocle.

2. François Chauveau (1613 - 1676)
L’Entrée de la reine Christine de Suède
à Paris en 1656

Plume et encre brune, lavis brun, sur trait de crayon noir - 41 x 54 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Cecilia Heisser/Nationalmuseum
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Le musée a également acquis le 22 mars 2017 chez Artcurial, adjugé 81 900 €, un dessin de François Chauveau illustrant l’entrée solennelle de la reine Christine dans Paris, le 8 septembre 1656 (ill. 2). Une autre version est conservée à la BnF.
Illustrateur réputé, concevant notamment des vignettes pour les Fables de La Fontaine et des frontispices pour Corneille ou Scarron, nommé graveur du roi en 1662, il réalisa de très nombreuses estampes ; étonnamment on conserve peu de dessins de sa main, l’exposition de la galerie Arsinopia en 2013 permettait malgré tout d’en avoir un aperçu (voir [la brève du 13/4/13]). Cette feuille en rejoint une autre au Nationalmuseum, Le Chancelier Séguier entouré de ses pages et estafiers.
La reine Christine, après son abdication en 1654, se convertit au catholicisme et partit pour Rome où elle fut accueillie par le pape. Elle se rendit ensuite à Paris, reçue par Louis XIV. Le dessin détaille tout le cortège, des légendes manuscrites précisent les différents personnages, les « archers de la ville », « les dizeniers » ou encore « les 100 Suisses » et bien sûr la « la Reyne de Suède » qui n’était plus tout à fait reine.

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