Le Nationalmuseum de Stockholm s’enrichit d’un tableau de Nicolas Régnier

Nicolas Régnier (vers 1588-1667)
La Farce
Huile sur toile - 97 x 131 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum
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22/11/11 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - Le tableau de Nicolas Régnier, que vient d’acquérir le Nationalmuseum de Stockholm, représente une femme approchant du nez d’un jeune homme endormi ce qui ressemble à une mèche de tabac allumée, tandis qu’elle prend le spectateur à témoin en l’invitant à rester silencieux (ill.). Cette iconographie curieuse, que l’artiste a peinte à trois reprises (la première dans un tableau du Musée de Rouen), est étudiée en détail par Annick Lemoine dans son catalogue raisonné [1] (voir l’article). Faute d’une source littéraire connue (il peut s’agir d’une scène de la Commedia dell’Arte) cette scène, qu’aucun autre peintre n’a représenté, reste mystérieuse. La femme veut-elle réveiller en sursaut le dormeur ou au contraire l’assoupir encore plus profondément en lui faisant inhaler une drogue ? Ou encore cherche-t-elle à provoquer un rêve érotique ? La présence de cartes sur la table conduit le musée suédois à y voir une Scène de diseuse de bonne aventure, ce qui semble peu probable.

Annick Lemoine parle de cette œuvre, qui était alors dans la collection Koelliker à Milan, de manière très élogieuse : « l’un des chefs-d’œuvre de la période romaine de l’artiste ». Il s’agit d’une œuvre peinte à Rome, tout comme la version de Rouen, qui montre, encore davantage que cette dernière, l’influence de Simon Vouet. Le troisième tableau représentant ce sujet (Varsovie, Wilanow Palace Museum), d’une composition plus complexe avec davantage de personnages, date de la période vénitienne du peintre comme le montrent les coloris beaucoup plus chatoyants.
Le communiqué du Nationalmuseum annonçant l’achat de ce tableau - grâce aux Amis du musée et à une souscription publique lancée pour le centenaire du musée - est intéressant en ce qu’il qualifie Régnier de peintre « flamand », ce qui fera sans doute sursauter les historiens de l’art français, mais qui n’est pourtant pas si faux puisque celui-ci, comme son demi-frère Michele Desubleo, est né à Maubeuge, qui n’était alors pas française, et fut formé par Abraham Janssens, avant de faire toute sa carrière en Italie.

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