Les bases de données du ministère de la Culture évoluent

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9/7/19 - Internet - Ministère de la Culture - Si le ministère de la Culture français a été l’un des plus précoces en matière de développement de bases de données informatiques pour les œuvres d’art, le système développé avec l’outil Mistral (sous lequel tournaient les bases Palissy, Joconde, Mérimée, Mémoire, etc.) était depuis longtemps devenu obsolète. Tous ceux qui avaient l’habitude de faire des recherches avec ces outils peuvent témoigner de la difficulté à les interroger. Une panne survenue pendant l’été 2016 a décidé le ministère à prendre les choses en main et à créer une nouvelle base qui reprendrait en son sein toutes celles qui existaient déjà. Le développement de cet outil (complexe et long à créer) à pu être assuré grâce au système de « start’up d’État » qui consiste à employer des développeurs indépendants mis à la disposition du ministère (ici celui de la Culture) par les services du Premier ministre. La nouvelle base, intitulée POP (plateforme ouverte du patrimoine) et dont le développement a coûté 500 000 €, vient d’être officiellement lancée (elle était en ligne en version beta depuis déjà plusieurs semaines). Elle va désormais entrer dans le giron du ministère et être gérée par ses services informatiques. Nous avons pu la tester et, incontestablement, il s’agit d’une vraie réussite.

Elle regroupe donc pour le moment le contenu provenant de sept bases : la base Joconde qui répertorie les œuvres des Musées de France ; la base Patrimoine mobilier (Palissy) qui regroupe les œuvres des collections publiques hors musées (voire certaines œuvres de collections privées lorsqu’elles sont répertoriées par l’Inventaire), désormais inscrites aussi bien que classées ; la base Mérimée qui inventorie le patrimoine monumental français ; la base Mémoire, qui réunit toutes les images de la direction générale des Patrimoines relatives au patrimoine architectural, mobilier, archéologique et photographique ; la base de la Récupération artistique (base Rose-Valland) consacrée aux œuvres volées pendant la Seconde guerre mondiale ; la base Enluminures qui donne accès en ligne aux manuscrits médiévaux enluminés conservés dans les bibliothèques municipales ; et, enfin, la base Museo, base qui répertorie les musées de France.

Trois modes de recherches sont possibles.

- le mode simple, type moteur de recherche, où les termes de la recherche sont entrés dans un champ unique ; par la force des choses, les résultats peuvent être très nombreux, dont certains non pertinents.
- le mode affiné : le résultat de cette première recherche peut être précisé grâce à des champs qui apparaissent à gauche de l’écran.
* auteur : on peut sélectionner ici tous les résultats dont le champ auteur contient le terme entré,
* domaine : il s’agit de choisir la technique de l’œuvre,
* base : on ne retient que les résultats issus d’une des bases citées ci-dessus,
* localisation : le terme se suffit à lui-même,
* période : on peut restreindre ici la recherche à des périodes chronologiques lorsque ce champ a été renseigné dans la notice de base ; les bases étant différentes, les périodes peuvent être diverses ; ainsi, pour le XIXe siècle, on peut avoir de multiples champs à choisir, qui parfois se recoupent (premier quart du XIXe, première moitié du XIXe, deuxième moitié du XIXe, etc.),
* producteur : le producteur est le service à l’origine de l’ajout de l’œuvre (par exemple : l’Inventaire, ou un musée) ; ce champ n’est, à vrai dire, pas très clair et à notre avis pas très utile pour une recherche,
* type de bien : le nombre de champs de ce critère est très nombreux et s’attache plutôt à la nature du bien,
* technique : ce champ est proche du champ « domaine » en le détaillant ; par exemple, si l’on choisit le domaine « peinture » pour une « Annonciation », apparaissent toutes les techniques des peintures retenues (huile sur toile, cuivre, etc.),
* contient une image : ce champ est bien sûr très utile si on souhaite une illustration,
* est géolocalisée : si l’œuvre est géolocalisée, elle est visible grâce à l’affichage par cartes,
* situations particulières : ce champ permet de savoir si l’œuvre est volée ou manquante (non retrouvée) ; il est donc très utile pour repérer facilement dans un grand nombre d’occurrences les objets disparus.

Notons que chacune des occurrences de ces champs peuvent être cochées, ce qui permet des recherches multicritères.
Ces champs provenant de bases différentes, cela explique qu’il y ait des champs redondants, ou qui ne soient pas uniformisés. De plus, dans bien des cas, les champs ne sont pas remplis. Cela peut rendre la recherche difficile : imaginons qu’on souhaite trouver toutes les Assomptions peintes du XIXe siècle. On peut chercher « Assomption » dans le champ principal, puis restreindre aux peintures, mais le choix de la période est insuffisant. En effet, même si l’on coche tous les champs recouvrant le XIXe siècle, on n’obtiendra que les œuvres qui ont été ainsi renseignées. Toutes les peintures du XIXe siècle non renseignées en seront exclues. Et si l’on n’entre rien dans le champ « période », on ramène les œuvres de toutes les périodes, même celles dont le champ a été renseigné et n’est pas du XIXe siècle. Il faudrait donc ajouter dans chaque sélection un champ « non renseigné », ce qui simplifierait les recherches.

Parmi les autres améliorations à suggérer, il faudrait pouvoir afficher davantage de résultats sur une même page. À l’heure où internet n’a jamais été aussi rapide, il n’est pas logique de limiter le nombre de résultats à 25 par pages. Il serait souhaitable de pouvoir, si on le veut, aller au moins jusqu’à 200.

Signalons également le troisième mode de recherche qui s’adresse surtout aux professionnels (c’est-à-dire aux agents du ministère de la Culture). On peut atteindre ce mode de recherche grâce au bouton situé en haut et à droite de l’écran. Il faut alors choisir une des bases d’origine puis entrer pour chaque champ de la base (parfois ésotérique) la valeur que l’on souhaite, à l’aide de choix comme « égal », « différent », « contient », « ne contient pas », « commence par », etc.

Cette « plateforme ouverte du patrimoine » est donc plutôt bien faite, et certainement plus pratique que les précédentes bases (qui pour l’instant existent toujours). Notons qu’il est désormais simple pour les producteurs de données de les entrer dans la base. Les promoteurs de POP espèrent donc que les musées, qui sont encore nombreux à ne pas avoir versé leurs œuvres dans la base Joconde, le feront désormais dans celle-ci.
Notons encore que le méta moteur « Collections » existera encore. Il ne s’agit pas d’une base de données, mais d’un moteur de recherche qui va chercher dans les bases de données du ministère, mais aussi dans des bases extérieures comme celles de la RMN, de la BNF, du Musée des Arts décoratifs ou encore de l’INHA. L’un néanmoins ne remplace pas l’autre. Une base intégrée comme POP permet en effet une recherche plus fine qu’un méta moteur, tandis que Collections permet une recherche plus large. Les deux devront donc, à notre avis, dans certains cas être utilisés parallèlement pour obtenir le plus grand nombre de résultats pertinents.

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