Les musées de Tours sans directeur

25/6/19 - Nomination - Tours, Musées et Paris, Service des musées de France - Le passage de Jérôme Farigoule à Tours (voir la brève du 21/12/18) aura été météorique. Arrivé en début d’année comme directeur des Musées de la Ville (un poste nouvellement créé) et depuis quelques jours à peine également directeur du Musée des Beaux-Arts après le départ de Sophie Join-Lambert à la retraite, le conservateur est désormais parti pour le Service des Musées de France où il devient adjoint au sous-directeur de la politique des musées.


Ancienne chapelle
Musée des Beaux-Arts de Tours
Photo : Didier Rykner
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Son départ n’est pas vraiment une surprise. Comment peut-on retenir quelqu’un à ce poste si l’on n’est pas prêt à investir a minima dans ses musées ? Il faut savoir que ceux de Tours n’ont aucun budget d’acquisition ni de restauration. Il suffit de regarder les brèves consacrées aux achats du Musée des Beaux-Arts pour constater que malgré quelques adjonctions intéressantes grâce à la société des amis, rien de notable n’a été acquis depuis le début des années 2010. Nous avons pu visiter récemment l’ancienne chapelle dans la salle du Synode qui sert actuellement de réserves (ill.). Cet endroit magnifique, idéal pour exposer de grands formats aujourd’hui invisibles, est fermé depuis de longues années et aucun budget d’investissement n’est pour l’instant prévu pour la réouvrir. Il y a quelques semaines un plafond s’est même effondré au second étage, heureusement sans faire de blessés et sans abimer des œuvres, mais tout cela contribue à démontrer l’absence de vision de la municipalité pour le devenir de son musée. Ceci n’est d’ailleurs pas nouveau : rappelons-nous qu’avant Sophie Join-Lambert, le précédent conservateur, Philippe Le Leyzour, avait été brutalement débarqué parce que la municipalité ne voulait pas prendre en charge sa revalorisation de salaire… Seules les expositions ont réussi à maintenir le musée actif : François-André Vincent (voir l’article), Joseph-Benoît Suvée (voir l’article), et actuellement une rétrospective consacrée aux représentations sculptées de Balzac (article à venir) constituent des événements remarquables dont il faut le créditer.

On ne peut donc qu’espérer que le départ rapide de Jérôme Farigoule servira d’électrochoc pour une ville qui dispose pourtant d’un fabuleux musée qui pourrait constituer un véritable pôle d’attraction, mais qui manifestement ne le sait pas. Il suffit de se rappeler les débats au conseil municipal à propos de la donation Cligman (voir cet article). Sinon, elle risque d’avoir du mal à lui trouver un successeur.

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