Les Pélerins d’Emmaüs de Rembrandt du Louvre remarquablement restaurés

15/4/11 - Restauration - Paris, Musée du Louvre - L’exposition Rembrandt et la figure du Christ, qui ouvrira mercredi prochain au Louvre (recension à venir) va permettre de redécouvrir un tableau pourtant fort célèbre de ses collections.
Les Pélerins d’Emmaüs (ill. 1 et 2) vient en effet de faire l’objet d’une soigneuse restauration, effectuée par Isabelle Leegenhoeck sous la direction du C2RMF et avec le suivi d’une commission scientifique internationale. Et si, dans la notice consacrée à cette opération, à paraître dans la revue Grande Galerie, Pierre Curie souligne qu’il s’agit « finalement [du] contraire d’un événement spectaculaire », souhaitant ainsi faire comprendre que le travail a été mené de la manière la plus précautionneuse possible, le résultat l’est néanmoins, au point qu’arrivé devant ce tableau, on se demande pendant un instant s’il s’agit bien de celui que l’on avait l’habitude de voir accroché aux cimaises du musée.


1. Rembrandt van Rijn (1606-1669)
Les Pélerins d’Emmaüs, 1648
Avant restauration
Huile sur panneau - 68 x 65 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN
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2. Rembrandt van Rijn (1606-1669)
Les Pélerins d’Emmaüs, 1648
Après restauration
Huile sur panneau - 68 x 65 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : C2RMF/Pierre-Yves Duval
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L’œuvre est dans un excellent état de conservation, bien meilleur que ce que l’on pensait. L’intervention a consisté essentiellement en un allègement du vernis ancien qui avait fortement jauni. Une couche de 4 microns a néanmoins été laissée en place pour ne pas mettre la couche picturale à nu et ne pas enlever les glacis, bien conservés. Les coloris apparaissent désormais beaucoup plus subtils et le tableau a retrouvé toute sa profondeur.
Il faut être prudent en terme de restaurations. Celles-ci sont parfois - on l’espère de moins en moins - inutiles et peuvent, dans certains cas, occasionner plus de mal que de bien. Les musées français, plus prudents en la matière que certains de leurs homologues anglo-saxons (qui n’hésitent parfois pas à dévernir totalement les œuvres), n’ont cependant pas toujours été à l’abri de reproches. Vouloir retrouver un hypothétique état originel est un leurre et on ne peut effacer entièrement le passage du temps. On doit toutefois, dans ce domaine, éviter le dogmatisme. Même si ce tableau n’était pas en danger, on ne peut qu’approuver la décision prise de le restaurer et se féliciter du résultat.

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