Lucien Jonas et le décor mural des années 30 à Paris

Paris, Musée Carnavalet. Exposition terminée le 26 octobre 2003.

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Bien que se situant en dehors des limites chronologiques que nous nous sommes fixés pour la Tribune de l’Art (Renaissance au XIXe siècle), l’art des années 30 est suffisamment lié au siècle précédent pour que, par exception, nous y consacrions quelques articles [1]. De plus, cet art est souvent sous-estimé et n’a que rarement droit de cité dans les revues ou les musées d’art moderne et contemporain.
Le Musée Carnavalet a récemment fait l’objet d’une généreuse donation de dessins de Lucien Jonas (1880-1947) par son fils Jacques Jonas. Elle comporte notamment deux groupes de projets pour des décors parisiens : ceux de la Maison des Centraux et du décor du foyer du Théâtre de la Cité. Le premier a été détruit peu de temps après la mort du peintre alors que le premier n’a jamais été réalisé, le concours ayant été gagné par un autre artiste.
Il est frappant de constater à quel point le vandalisme (et la malchance, si l’on prend en compte les dégâts de la seconde guerre mondiale à Valenciennes) ont pu frapper, très peu de temps après leur exécution, les décors d’un artiste comme Jonas.
Si les quelques tableaux exposés sont moins convaincants (il faudrait, pour se faire une idée exacte du peintre de chevalet, en avoir un aperçu plus complet), les dessins montrent une très grande virtuosité, qui laisse entrevoir un décorateur fort à l’aise avec les grandes surfaces. Jonas se montre à la fois le digne héritier de peintres tels que Paul Baudry ou Jean-Paul Laurens, tout en rivalisant avec certains de ses contemporains. Le dessin qui fait l’ouverture de l’exposition, et que nous reproduisons ici en illustration (Serviteur noir au perroquet, étude pour la Maison des Centraux) est ainsi proche des figures de José María Sert que l’on peut découvrir, également au musée Carnavalet, dans le décor remonté de la salle de bal de l’Hôtel de Wendel, qui date des mêmes années.

Catalogue par Christophe Leribault, Editions Paris-Musées, Paris, 2003. 34 €.

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