Marie-Christine Labourdette s’en va, à qui le tour ?

Le départ de Marie-Christine Labourdette et sa nomination à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine que nous annoncions dans cet article le 21 janvier dernier ont été confirmés par le JO du 1er février.

Marie-Christine Labourdette
Photo extraite d’une vidéo de TV5 Monde
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Marie-Christine Labourdette, directrice du service des musées de France, a annoncé à ses proches collaborateurs ce que tout le monde savait depuis quelques jours : elle quitte, enfin, le poste qu’elle occupait depuis 2008. Cela faisait des années que la rumeur de son départ courait régulièrement. Elle part ainsi d’une direction des Patrimoines en pleine déliquescence, dont les fonctionnaires ne savent plus à quel saint se vouer, et où elle ne sera pas regrettée par grand monde. Elle a déjà trouvé un point de chute : la Cité de l’architecture et du patrimoine dont elle devrait devenir présidente. Cet établissement public est resté sans personne à sa tête depuis que Guy Amsellem n’avait pas été reconduit à la fin de l’année dernière [Addendum 26/2/18 : Notons néanmoins que Luc Lièvre, directeur général délégué, a été nommé président par intérim.] Espérons qu’elle sera meilleure dans cet exercice que dans le précédent...

Son départ est une chose, mais il ne résoudra rien tant que son supérieur hiérarchique, Vincent Berjot, le directeur général des Patrimoines (avec lequel elle ne s’entendait d’ailleurs pas), restera à son poste. Le bruit a couru ces derniers jours, d’une manière très insistante, que celui-ci devait également être remercié, mais le ministère de la Culture, pour l’instant, dément son départ. C’est pourtant un véritable bras de fer que Stéphane Bern, qui dénonçait il y a quelques jours au micro de RTL les blocages de certains hauts fonctionnaires du ministère de la Culture, a engagé avec celui dont tout le monde sait, bien qu’il ne l’ait jamais nommé, qu’il était le principal visé. Nous avions défendu ici même la nomination de Stéphane Bern (voir l’article), non parce que nous pensions que celle-ci était la solution, mais parce qu’elle était une solution pour faire avancer les choses dans le bon sens. Grâce à lui, nous avons déjà obtenu la création du loto patrimoine qui, même s’il ne constitue pas la panacée, demeurera un acquis appréciable. Espérons que nous pourrons bientôt mettre à son crédit le départ de celui qui est l’une des causes de l’affaiblissement dramatique de la politique patrimoniale en France [1]. Un directeur des Patrimoines dont nous avons à plusieurs reprises ici souligné les qualités, mais qui ne les met hélas pas au service du patrimoine, bien au contraire (voir notamment cet article), et qui ne considère celui-ci que comme une source de dépenses. On imagine mal qu’il puisse nommer le successeur de Marie-Christine Labourdette juste avant de partir lui-même. Soit son départ est effectif dans les prochaines semaines, soit il est à craindre qu’il reste en place encore un certain temps.

La direction des Patrimoines est désormais un « champ de ruines », et c’est un haut fonctionnaire (dont bien sûr nous tairons le nom) qui a employé cette expression. Les monuments historiques se portent très mal et les musées sont exsangues. Il faut donc souhaiter que ce grand ménage ne s’arrête pas là, d’autant que le renouvellement à la tête du Musée du Louvre doit avoir lieu en avril prochain. Nous avons publié ici de nombreux articles qui démontrent le caractère dramatique de la politique de Jean-Luc Martinez. Celui-ci s’entend d’ailleurs fort bien avec Vincent Berjot et, pour ne prendre qu’un exemple, tous deux ont été à la manœuvre pour renoncer à classer trésor national les Rembrandt Rothschild pour ensuite n’en acheter qu’un, au prix fort. Bien que le Président du Louvre ait annoncé en interne (notamment aux chefs de département) son renouvellement, celui-ci n’est pas encore officiel. Les musées et le patrimoine français méritent tellement mieux que cela...

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