Nominations et acquisitions, à Tours et à Paris

1. Jérôme Farigoule
Photo : D. R.
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21/12/18 - Nominations et acquisitions - Tours et Paris, Musée de la Vie Romantique - Jérôme Farigoule (ill. 1), directeur du Musée de la Vie Romantique à Paris, quitte cet établissement pour prendre, à partir de début janvier, la fonction de directeur des musées de la Ville de Tours. Ce poste, nouvellement créé, chapeautera les établissements suivants : le Musée des Beaux-Arts dont il sera également le directeur après le départ à la retraite de sa directrice actuelle, Sophie Join-Lambert, le muséum d’histoire naturelle, le musée du compagnonnage et le château de Tours.

Nous avions reçu Jérôme Farigoule dans une de nos émissions de radio [1] en décembre 2014 (à écouter ici). Il avait été nommé à ce poste en juin 2013 et nous renvoyons nos lecteurs à notre brève du 21/6/13 pour en savoir plus sur son parcours avant Paris. Au Musée de la Vie Romantique, il a organisé de nombreuses expositions : Esquisses peintes de l’époque Romantique (voir l’article), La Fabrique du romantisme en 2014 (voir l’article), Visage de l’effroi en 2015 (voir l’[article)>6112]), L’œil de Baudelaire en 2016 (voir l’article) et Pierre-Joseph Redouté en 2017 (voir l’article). De nombreuses œuvres sont également venues, malgré les faibles budgets d’acquisition, enrichir les collections (voir à partir de cette page).

Profitons de cette brève pour signaler les plus récents dons et achats dont nous n’avons pas encore parlé ici :


2. France, vers 1830-1840
Vierge en majesté, projet de vitrail
Encre noire, crayon graphite, rehauts d’aquarelle jaune et brune, pierre noire - 37,5 x 26 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique/Roger-Viollet
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- Un beau dessin, projet de vitrail [2] (ill. 2), entré dans les collections en 2016. Il s’agit d’une œuvre de belle qualité mais dont le lieu de destination et l’auteur restent à identifier. Les vitraux religieux du XIXe siècle demeurent un champ immense à explorer, et beaucoup sont d’un grand intérêt.


3. Édouard Cibot (1799-1877)
L’Enfance de la Vierge, 1842
Huile sur toile
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique/Roger-Viollet
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- Un remarquable petit tableau d’Édouard Cibot (ill. 3) a été offert par Madame Annie Auzas. Il permet, par parenthèse, d’évoquer la figure de son mari Pierre-Marie Auzas, inspecteur des monuments historiques et historien de l’art, disparu en 1992 et que nous avons bien connu ; nous nous rappelons de cette petite peinture accrochée dans leur appartement. Élève de François-Édouard Picot et Pierre Guérin, Édouard Cibot est l’un des très bons peintres d’histoire du XIXe siècle, révélé notamment par Bruno Foucart dans son ouvrage Le Renouveau de la peinture religieuse en France 1800-1860 où cette œuvre était d’ailleurs reproduite. Il le rapproche d’Ary Scheffer et Paul Delaroche et parle à son propos de son art comme possédant une « rare qualité picturale ».


4. Paul Balze (1815-1884)
Portrait présumé de Vittoria Balze, 1845
Huile sur toile - 110 x 87 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique
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- Le portrait présumé de Vittoria Balze par son père Paul (ill. 4), ravissante toile acquise auprès de la galerie Mendes en 2018, montrant l’enfant, née à Rome en 1841, caressant son chien. L’œuvre rappelle par son sujet et son traitement celle de Paul Delaroche acquise par le Petit Palais en 2014 (voir la brève du 7/10/1. Paul Balze et son frère Raymond, tous deux élèves d’Ingres, furent essentiellement peintres religieux. Ils se rendirent à Rome de 1835 à 1847, suivant leur maître et réalisant la copie des Loges et des Chambres de Raphaël (les premières sont aujourd’hui visibles dans le Palais des Études de l’École des Beaux-Arts).


5. Ary Scheffer (1795-1858)
Portrait de Maria Malibran, 1831
Huile sur toile
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique
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- le portrait de la Malibran par Ary Scheffer, offert par Monsieur Brooks Beaulieu (ill. 5). Sœur de Pauline Viardot et comme elle cantatrice, elle vient rejoindre deux portraits de cette dernière par le même artiste dont un qu’avait acquis le musée en 2014 (voir la brève du 11/4/14). Elle mourut fort jeune, à l’âge de 28 ans, des suites d’une chute de cheval. Cette disparition brutale, associée aux triomphes qu’elle avait connus sur les scènes parisiennes, notamment dans l’Othello de Rossini, lui valut une grande aura posthume qui en fait toujours aujourd’hui la quintessence des grandes cantatrices romantiques. Un autre portrait de la Malibran par François Bouchot, appartenant au Louvre, est déposé au Musée de la Vie Romantique, tandis que le Musée Carnavalet conserve le même modèle peint par le belge Henri Decaisne.


6. Alfred Johannot (1800-1837)
Woodstock, 1831
(scène de L’abbé de Walter Scott)
Aquarelle - 28,8 x 20,5 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique/
Roger-Viollet
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7. Alfred Johannot (1800-1837)
Marie Stuart bénissant Roland Groeme et Catherine Seyton, 1830
(scène de L’abbé de Walter Scott)
Aquarelle - 29,5 x 20 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique/
Roger-Viollet
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8. Alfred Johannot (1800-1837)
L’Énéide, 1832
Lavis et gouache - 9,2 x 6,8 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique/
Roger-Viollet
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9. Alfred Johannot (1800-1837)
Chérubin au pied de la comtesse Almaviva, 1832
Aquarelle et rehauts de blanc, crayon noir- 19,5 x 24,5 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique/
Roger-Viollet
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- Enfin, pas moins de cinq aquarelles et un dessin d’Alfred Johannot, ainsi qu’une aquarelle de Tony Johannot sont entrés dans les collections du musée. Il s’agit d’un ensemble d’œuvres des deux frères passés en vente chez Ader Nordmann le 23 juin 2017 où elles ont été préemptées pour la somme totale - et très modérée - de 5627 € (avec frais). Tony et Alfred Johannot font partie de ces fratries d’artistes assez nombreuses au XIXe siècle, comme Paul et Raymond Balze, Ary et Henry Scheffer, Eugène et Achille Devéria, Paul et Hippolyte Flandrin (auquel il faut ajouter Auguste), Henri et Rodolphe Lehmann... Tous deux furent connus davantage par leur talent d’illustrateurs que par celui de peintres bien qu’il furent l’un et l’autre. Ils illustrèrent notamment à eux deux une grande partie des principaux ouvrages de la littérature romantique. Deux des aquarelles d’Alfred (ill. 6 et 7) représentent des scènes tirées de romans de Walter Scott, une de la traduction de l’Énéide par Jacques Delille (ill. 8) et une d’après le Mariage de Figaro (ill. 9). Le sujet des autres (ill. 10 à 12) ne semble pas avoir été identifié avec précision.


10. Alfred Johannot (1800-1837)
Homme agenouillé devant une reine, 1832
Aquarelle - 12,3 x 16,7 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique/
Roger-Viollet
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11. Alfred Johannot (1800-1837)
Dame et gentilhomme du temps de Charles Ier, vers 1829
Aquarelle et gouache - 18,3 x 26,4 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique/
Roger-Viollet
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12. Tony Johannot (1803-1852)
Scène familiale, 1832
Aquarelle - 23,2 x 16,2 cm
Paris, Musée de la Vie Romantique
Photo : Musée de la Vie Romantique/
Roger-Viollet
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13. Gaëlle Rio
Photo : Didier Rykner
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Nous conclurons cette brève avec la nomination de la nouvelle directrice du Musée de la Vie Romantique qui vient remplacer Jérôme Farigoule : Paris Musée a choisi pour cette fonction la conservatrice du patrimoine Gaëlle Rio (ill. 13) qui, après son diplôme de l’Institut national du patrimoine, devint en 2011 chef du service d’action culturelle au Musée Carnavalet avant de venir deux ans plus tard prendre le poste de responsable des arts graphiques au Petit Palais-Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
Spécialiste du XIXe siècle, ce qui lui donne tous les compétences pour prendre cette nouvelle fonction, elle a été commissaire de plusieurs expositions dont L’Estampe visionnaire, de Goya à Redon (excellente exposition que nous avions vue mais dont nous n’avions pas eu le temps de parler), celle sur L’Art de la Paix en 2016 (voir notre article) ou encore L’Art du pastel en 2017-2018 (dont nous n’avons malheureusement pas non plus parlé, à tort). En 2019 le Petit Palais présentera, sous sa direction, L’Allemagne romantique, 1780-1850. Dessins des musées de Weimar.
Nous espérons qu’elle pourra poursuivre au Musée de la Vie Romantique la politique d’expositions de ses prédécesseurs, mais aussi celle d’enrichissement des collections qui permet désormais à ce musée, qui à ses débuts avait beaucoup de dépôts, notamment de celui de Dordrecht, de présenter un panorama cohérent de l’art romantique autour d’Ary Scheffer.

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