Nouvelle exposition sur le XIXe siècle à la galerie Talabardon & Gautier

1. Sarah Bernhardt (1844-1923)
Une algue, 1900
Bronze - 73,7 x 62,8 x 21,5 cm
Paris, Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Galerie Talabardon & Gautier
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15/3/11 - Paris - Marché de l’art - Lorsque l’on entre dans la nouvelle exposition de la Galerie Talabardon & Gautier, on aperçoit au fond, le long d’un mur, un tas de galets. On se demande alors si les marchands ne se sont pas convertis au land-art et n’ont pas convoqué Richard Long parmi les artistes du XIXe siècle qu’ils ont l’habitude de montrer.
Ce n’est qu’en s’approchant qu’on observe au sommet de cette accumulation minérale un objet en bronze, à la forme étrange, dont on comprend rapidement qu’il s’agit d’une algue. Œuvre fascinante, au goût très Art nouveau, il s’agit en réalité d’un bronze de Sarah Bernhardt ! On sait en effet que la comédienne était aussi l’un des sculpteurs les plus intéressants de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle ne pratiquait pas cette discipline en dilettante mais bien de manière quasi-professionnelle puisqu’elle fut formée à la peinture par Alfred Stevens, Gustave Doré et Georges Clairin, à la sculpture par Mathieu-Meusnier et Jules Franceschi, et qu’elle exposa au Salon à partir de 1874.
Ce bronze, qui date de 1900, fait partie d’une série d’œuvres autour du thème de la mer : poissons, coraux ou algues. Travaillant, selon son propre témoignage, à partir de moulages en plâtre sur lesquels elle intervenait probablement pour les remodeler, elle les faisait fondre à la cire perdue.


2. François-André Vincent (1746-1816)
Allégorie de la libération des
esclaves d’Alger par Jérôme Bonaparte
, 1806
Huile sur toile - 37,4 x 45,5 cm
Paris, Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Galerie Talabardon & Gautier
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Cette pièce est sans doute la plus spectaculaire de l’exposition, ce qui n’empêchera pas d’admirer aussi, par exemple, une petite esquisse de François-André Vincent pour le tableau de la Neue Galerie de Kassel, Allégorie de la libération des esclaves d’Alger par Jérôme Bonaparte [1] (ill. 2). On signalera également les Deux petits Savoyards de Claude-Marie Dubufe, une toile qui, bien que datant de 1820, semble avoir été peinte quinze ou trente ans plus tard tant son réalisme évoque davantage Philippe-Auguste Jeanron ou Octave Tassaert qu’un élève de David.


3. Paul Gauguin (1848-1903)
Non dépourvues de sentiment
Encre noire et brune (au recto, sanguine)
26,6 x 21 cm
Paris, Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Galerie Talabardon & Gautier
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4. Paul Grandhomme (1851-1944)
et Alfred Garnier (1848-1908)
Hercule et les douze travaux,
d’après Gustave Moreau
Plaque à décor d’émaux polychromes
sur cuivre dans un encadrement d’ébène
18,3 x 14,9 cm
Paris, Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Paris, Galerie Talabardon & Gautier
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On pourrait aussi citer une aquarelle de Delacroix, Grec jouant du luth, un très beau paysage à l’huile sur papier d’Eugène Isabey ou encore un grand tableau symboliste d’Ary Renan, Le Plongeur. Mais trois œuvres rares et précieuses confirment le goût des galeristes pour les objets qui sortent de l’ordinaire. La première est un dessin-empreinte de Paul Gauguin Non dépourvues de sentiment (ill. 3). La technique consiste à enduire une feuille d’encre d’imprimerie, puis à la recouvrir d’une seconde feuille sur laquelle l’artiste réalise un dessin. Au verso, la pression exercée par le crayon fait adhérer l’encre. C’est ce verso que Gauguin exposait.
Deuxième œuvre étonnante, un galet (un de plus !) peint par Hippolyte Bellangé et monté sur un socle en bronze, probablement de Pierre-Jules Mène. Enfin, nous terminerons sur une plaque en cuivre portant un décor d’émaux polychromes d’après Gustave Moreau (ill. 4), exécutée par Paul Grandhomme et Alfred Garnier.

Galerie Talabardon & Gautier, 134, faubourg St-Honoré, 75008 Paris.
Tél : 01 43 59 13 57. Mail : talabardon.gautier@wanadoo.fr.

Un catalogue est publié à cette occasion.

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