Orsay achète un dessin de Xavier Mellery

6/7/19 - Acquisition - Paris, Musée d’Orsay - Mellery porta sur l’île de Marken un regard comparable à celui de Gauguin sur la Bretagne, qui affirmait aimer ce pays parce qu’il y trouvait « le sauvage » et « le primitif » [1]. Le Musée d’Orsay a récemment acheté à la Galerie bruxelloise Eric Gillis, une aquarelle de l’artiste montrant une Petite fille à Marken, exposée lors de la TEFAF de Maastricht en mars dernier. Elle rejoint dans les collections une allégorie de La Hollande du XVIIe siècle par le même artiste.


Xavier Mellery (1845-1921)
Petite Fille à Marken, vers 1878-1880
Aquarelle, pastel, crayon et encre sur papier - 61,3 x 46 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Eric Gillis
Voir l´image dans sa page

Élève de Jean-François Portaels à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles entre 1860 et 1867, Xavier Mellery obtint le Prix de Rome belge en 1870 et partit pour l’Italie. En 1878, il se rendit sur l’île hollandaise de Marken à la demande de Charles De Coster qui souhaitait des illustrations pour sa description des Pays-Bas dans le magazine Tour du Monde. Mellery en rapporta la vision d’un monde protégé, hors du temps, fondé sur des traditions immuables. Il traduisit l’air grave et serein des habitants, leur vie simple et modeste, leurs coutumes et costumes traditionnels, des baptêmes ou des enterrements.

La Petite fille à Marken est presque intimidante, fixant le spectateur, impassible, les mains dans les poches, pendant que ses amies forment une ronde au second plan. L’ancre, comme la barque, rappelle qu’elle appartient à un monde de pêcheurs ; mais elle confère une dimensions allégorique à la fillette qui pourrait tout aussi bien incarner l’Espérance, et la fermeté dans la foi. Il représenta à plusieurs reprises des figures isolées d’enfants, sans chercher à en saisir l’insouciance ; au contraire, ils posent pour l’artiste.

Le séjour de Mellery à Marken marqua un tournant dans son œuvre. Par la suite, il réalisa à la fois des tableaux allégoriques souvent peints sur fond doré, et des dessins réunis dans une série qu’il intitula L’âme des choses.
Précurseur du symbolisme belge (voir l’article), Mellery compta parmi ses élèves Fernand Khnopff à qui le Petit Palais a récemment consacré une exposition et dont le Musée d’Orsay possède plusieurs œuvres (voir l’article).

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.