Ouverture de la base de données d’Interpol des œuvres volées

30/8/09 – Internet – Base de données – Dans un article publié le 1er janvier 2008, nous soulignions à quel point il était difficile pour les collectionneurs et les professionnels du marché de l’art de consulter les bases de données répertoriant les œuvres d’art volées. Ce problème est en train de disparaître puisque Interpol vient d’autoriser l’accès à sa base de données mondiale (en trois langues : anglais, français, espagnol). Tout le monde peut s’y connecter après avoir demandé l’obtention d’un identifiant et d’un mot de passe.

Comme pour toute base de données, l’un des problèmes reste néanmoins l’identification juste des œuvres, parfois difficiles à retrouver ou tout simplement mal identifiées. Le nom de l’artiste n’est opérant que si l’attribution de la fiche Interpol [1] correspond à celle de l’utilisateur. La recherche iconographique par titre n’est pas possible en français : par exemple, inscrire "Cène" dans la zone sujet/titre ne donne rien alors que "Last Supper" ramène sept résultats (pour la peinture). La zone Description permet cependant de choisir, dans une centaine de termes ou d’expressions, ce que représente factuellement l’œuvre, même sans connaissance des termes précis. Ainsi, en choisissant l’expression "En train de manger" ou même "Nourriture (hors fruits/légumes)", on retrouve les tableaux représentants la Cène.
Prenons un autre exemple : une copie ancienne de la Madone aux œillets de Raphaël [2], volée en 1982 à Macerata en Italie, est répertoriée sous le nom de Federico Barocci. Si le modèle est bien identifié (la mention This painting is a copy by Raphael apparaît sur la fiche), ni le titre (Madonna with a Carnation), ni le nom du peintre sous lesquel elle est conservée dans la base ne permettent de la retrouver (l’œuvre apparaît uniquement comme de Federico Barocci et une recherche sur Raphael ne donne rien). En revanche, une recherche simple par la zone Description (qui répertorie dans ce cas le terme iconographique précis : "Vierge à l’enfant") croisée avec la technique (peinture à l’huile sur toile) est efficace. La présence d’inscriptions, les dimensions, la forme, les couleurs peuvent compléter la recherche et doivent permettre de retrouver l’objet que l’on cherche pour peu qu’il soit contenu dans la base.
Au delà de son objectif premier, celle-ci sera un instrument précieux pour les historiens de l’art qui pourront y trouver bien des œuvres qui n’ont été publiées nulle part ailleurs.

Les acheteurs d’œuvres d’art pourront maintenant vérifier rapidement que l’objet qu’ils ont acheté ou qu’on leur propose n’est pas répertorié par Interpol come volé, ce qui devrait sécuriser davantage les transactions et surtout rendre beaucoup plus difficile le travail des voleurs et des receleurs. On doit maintenant souhaiter que TREIMA, la base de données française de l’OCBC, Office central de lutte contre le trafic des biens culturels, soit rendue à son tour accessible au public concerné.

Page Internet pour remplir la demande d’accès à la base.

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