Ouverture de la XXVe Biennale des antiquaires

16/9/10 – Marché de l’art – Paris, Biennale des Antiquaires – La XXVe Biennale des Antiquaires a ouvert hier ses portes au public dans un décor très réussi, bien plus élégant que celui d’il y a deux ans. Le plan est plus lisible et l’on s’y repère mieux, ce qui s’explique aussi par le nombre restreint d’exposants par rapport aux éditions précédentes. Ce malthusianisme, dont on ne sait s’il est voulu ou subi, a cependant sa contrepartie : on peut être un peu frustré de l’absence de nombreuses galeries tant françaises qu’étrangères qui naguère y avaient un stand. Cela réduit automatiquement le nombre d’œuvres exposées, les tableaux anciens et les sculptures en pâtissant particulièrement (les dessins sont traditionnellement très rares à la Biennale).


1. Michelangelo Cerquozzi (1602-1660)
L’accord entre l’âne et le renard
Huile sur toile - 170 x 120 cm
Paris, Galerie Canesso
Photo : Galerie Canesso
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2. Alessandro Turchi (1578-1649)
La Lamentation sur le corps du Christ, vers 1615-1620
Huile sur pierre de touche - 25 x 35 cm
Paris, Galerie Didier Aaron
Photo : galerie Aaron
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Les visiteurs, comme les acheteurs, devraient cependant y trouver de quoi satisfaire leur curiosité. Comme nous le faisons habituellement, nous signalerons ici quelques œuvres nous ayant marqué, pas forcément les plus spectaculaires ou les plus chères. On commencera par la peinture, avec galerie Canesso un tableau inattendu, en tout cas de la part de Michelangelo Cerquozzi dont on connaît surtout des bambochades. Il s’agit d’une représentation d’une fable d’Esope, Le lion, le renard et l’âne, où l’on voit l’âne et le renard en grande conversation (ill. 1). De la galerie Didier Aaron, on retiendra un joli petit tableau d’Alessandro Turchi, La Lamentation du Christ, peint sur pierre de touche (ill. 2) et, pour rester dans la peinture italienne, outre une toile attribuée à Pietro Ricchi chez Jacques Leegenhoek, on signalera un grand tableau anonyme, très intrigant, appartenant à la Galerie Sarti. Ce Rapt de Ganymède (ill. 3) est peut-être dû à un artiste florentin actif à Rome, qui s’inspire d’un dessin de Michel-Ange conservé à Cambridge.


3. Peintre toscan (?) actif à Rome, vers 1615-1620
L’Enlèvement de Ganymède
Huile sur toile - 150,4 x 214 cm
Paris, Galerie G. Sarti
Photo : Galerie G. Sarti
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4. Félix Barrias (1822-1907)
La Gloire couronnant les grands hommes picards
Technique mixte sur plusieurs feuilles assemblées - 118 x 118 cm
Paris, Galerie de Bayser
Photo : Galerie de Bayser
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Du XIXe siècle, plutôt que de citer des œuvres impressionnistes ou post-impressionnistes dont nous n’avons pas vu d’exemples particulièrement remarquables, on notera, Galerie de Bayser, une impressionnant aquarelle et gouache de Félix Barrias, préparatoire au plafond de la coupole du Musée d’Amiens (ill. 4) et deux grands tableaux romantiques représentant des épisodes de l’histoire d’Héloïse et d’Abélard, par le très peu connu Léon-Marie-Joseph Billardet, élève de Paul Delaroche et d’Ary Scheffer (ill. 5 et 6).


5. Léon-Marie-Joseph Billardet (1818-1862)
Abélard instruisant Héloïse, 1847
Huile sur toile - 266 x 144,5 cm
Paris, Galerie de la Scala
Photo : Galerie de la Scala
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6. Léon-Marie-Joseph Billardet (1818-1862)
Héloïse et Abélard surpris par Fulbert, 1847
Huile sur toile - 266 x 144,5 cm
Paris, Galerie de la Scala
Photo : Galerie de la Scala
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La galerie Patrice Bellanger fait sensation avec une sculpture à la manière d’Yves Klein, ce qui détonne dans ce fief du classicisme et du baroque. Il s’agit en réalité d’un buste de femme en terre cuite de Carrier-Belleuse, peint en bleu ! Bien sûr, ce déguisement temporaire et insolite est réversible.
En sculpture, on remarquera aussi, galerie Anne-Marie Monin, deux médaillons en terre cuite représentant des saints par l’italien Andrea Brustolon (ill. 7)


7. Andrea Brustolon (1662-1732)
Deux saints
Terre cuite - D. 21 cm environ chaque médaillon
Paris, Galerie Anne-Marie Monin
Photo : Didier Rykner
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Les objets d’art sont toujours très présents à la Biennale mais l’on regrettera par exemple l’absence de la galerie Chevalier. Si l’on trouve toujours beaucoup de mobilier du XVIIIe siècle, les années 30 constituent un autre point fort avec les stand de la galerie Vallois, celui de la Galerie Marcilhac (belle commode d’Eugène Prinz), ou de Franck Laigneau.
Pour le XIXe siècle, on retiendra quelques objets particulièrement étonnants sur le stand de la galerie Chadelaud comme ce surtout « Miroir d’eau », d’après la fontaine du Grand Palais de Raoul Larche, présenté à l’Exposition Universelle de 1900. De la même époque, le stand de Jason Jacques présente des grès de Jean Carriès ainsi qu’un bureau sculpté par Carabin.

On conclura en signalant une initiative sympathique : les organisateurs ont convié 25 jeunes galeries prometteuses en leur proposant d’exposer chacune un objet, l’objectif avoué étant de leur offrir une visibilité auprès des clients fréquentant la biennale et de leur servir de tremplin pour une prochaine participation au salon. La signalétique est cependant très discrète : on les trouvera à l’étage, du côté ouest.

Biennale des Antiquaires, Grand Palais, Paris, du 15 au 22 septembre 2010, de 11 h à 20 h, 22 h les 16 et 21.

Site Internet.

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