Plusieurs ouvrages reçus

Auteurs : Daniel Lecœur, Josette Bottineau

Parmi les nombreux livres parus ces derniers mois et qui nous ont été envoyés, plusieurs n’ont pas été signalés dans la rubrique « Ouvrages reçus » car nous souhaitions en faire une recension détaillée. Pris par l’actualité, nous n’avons pas réussi à trouver le temps nécessaire pour les lire entièrement et donc pour en parler de manière argumentée. Il serait cependant dommage de ne pas les mentionner, car tous à un titre ou à un autre ont un intérêt évident. C’est pourquoi nous choisissons de les présenter dans cet article en indiquant simplement qu’il ne s’agit pas réellement d’une critique, faute d’une lecture approfondie.

XVIIe SIECLE

Daniel Dumonstier

A l’occasion d’une exposition organisée par le Musée Condé de Chantilly, les éditions Arthéna ont publié, sous la plume de Daniel Lecœur, le catalogue raisonné de l’œuvre de Daniel Dumonstier. Poursuivant la tradition des Clouet, proche par certains côtés de l’art du mystérieux Lagneau que le musée Condé avait également exposé il y a peu (voir l’article), Dumonstier a produit quelques-uns des plus beaux portraits dessinés du début du XVIIe siècle. S’il n’est pas un novateur, comme le souligne Henri Zerner dans sa préface, il n’en reste pas moins profondément ancré dans son époque et digne d’attention. L’édition de ce livre par Arthéna est évidemment un gage de qualité que nous n’avons plus à souligner.

Daniel Lecœur, Daniel Dumonstier, Arthéna, 2006, 256 p., 110 €. ISBN : 2-903-239-34-7.

Peintures murales aux Invalides. L’œuvre révélé de Joseph Parrocel

Les éditions Faton ont publié un livre consacré au réfectoire peint par Joseph Parrocel dont nous avions présenté la restauration sur ce site. Nous avions alors interrogé Jérôme Delaplanche, spécialiste de l’artiste, qui est l’un des auteurs de cet ouvrage collectif. Pour restituer ce décor dans son contexte, plusieurs chapitres sont consacrés à l’histoire des Invalides. Une autre partie étudie de manière approfondie le décor de Joseph Parrocel et sa place dans son œuvre. Enfin, le chantier de restauration fait l’objet d’une présentation par ceux qui l’ont mené à bien.
Très bien édité et riche de belles reproductions, il s’agit aussi bien d’un ouvrage scientifique que d’un « beau livre ».

Collectif, Peintures murales aux Invalides. L’œuvre révélé de Joseph Parrocel, Editions Faton, 2005, 340 p., 110 €. ISBN : 2-87844-078-1.

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XIXe SIECLE

Pierre-Narcisse Guérin

Depuis plusieurs années la galerie de Bayser n’avait plus publié de nouveauté dans la collection des Cahiers du dessin français. La parution de ce Pierre-Narcisse Guérin est donc une excellente nouvelle, d’autant que la bibliographie sur cet artiste est des plus limitées, tout au moins en ce qui concerne son œuvre (deux ouvrages d’archives, l’un consacré à son inventaire après décès, l’autre à sa correspondance lors de sont directorat à Rome, sont récemment parus - voir article). Une cinquantaine de feuilles, appartenant pour l’essentiel à des musées, sont donc reproduites ici, accompagnées de notices. Il faut espérer qu’un jour prochain, le peintre Pierre-Narcisse Guérin puisse faire l’objet d’une monographie.

Josette Bottineau, Pierre-Narcisse Guérin, Galerie de Bayser, 2006, 88 p., 27 €. ISBN : 2-905-672-13-7.

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Debat-Ponsan

Edouard Debat-Ponsan est l’un des meilleurs peintres de la Troisième République, l’un de ceux que l’on nomme pompiers, fort improprement tant cette expression triviale recouvre des styles et des personnalités différentes. S’il peignit des tableaux d’histoire, des décors muraux (notamment au Capitole de Toulouse, l’un des grands chantiers de l’époque) et des portraits, il est surtout connu pour ses tableaux champêtres, représentant la vie rurale, d’un réalisme qui rappelle parfois Jean-François Millet ou Gustave Courbet.
Cette monographie, malgré une maquette inhabituelle pour un ouvrage d’histoire de l’art, est une étude sérieuse, documentée et abondamment illustrée. Si l’on excepte le catalogue d’une exposition ayant eu lieu en 1973 à Tours, Brest et Toulouse (sa ville natale), il s’agit du seul ouvrage récent consacré à cet artiste.

Paul Ruffié, Debat-Ponsan, éditons Privat, 2005, 127 p., 39 €. 2-7089-8179-X.

Charles Angrand 1854-1926

Moins célèbre que ses amis Seurat et Signac, Charles Angrand est l’auteur d’un œuvre fortement marqué par le style néo-impressionniste, dont une partie fut réunie d’avril à juin 2006 pour une rétrospective au musée de Pontoise. Ce livre est le catalogue de cette exposition qui regroupait des paysages et des scènes d’intérieur et permettait de découvrir ses dessins au crayon Conté, dont Seurat a pu dire : « Ce sont les plus beaux dessins de peintres qui soient. »

François et Adèle Lespinasse, Charles Angrand 1854-1926, Somogy Editions d’Art, 2006, 112 p., 30 €. ISBN : 2-85056-976-3.

Le Musée révélé. L’histoire de France au château de Versailles

Cet ouvrage fait partie de la catégorie des livres destinés au grand public et néanmoins utile pour les historiens de l’art. Le Musée Louis-Philippe est un moment essentiel de l’histoire de Versailles, pourtant mal-aimé par cette institution. Quand on ne détruit pas, purement et simplement, les aménagements du XIXe siècle (voir récemment le projet de reconstruction de la Grille Royale), on se désintéresse ouvertement des salles du musée de l’Histoire de France, dont une partie est souvent fermée et difficile à visiter. L’intérêt de ce livre, essentiellement (mais pas uniquement) tourné vers le XIXe siècle, est de rappeler l’existence de cette grande page d’histoire et de publier de nombreuse photos, en couleur, d’ œuvres peu souvent reproduites.

Sous la direction de Laurent Gervereau & Claire Constans, Le Musée révélé. L’histoire de France au château de Versailles, Robert Laffont, 2005, 235 p., 30 €. ISBN : 2-221-10295-9.

Modèles italiens et traditions nationales. Les artistes belges en Italie (1830-1914)

L’auteur souligne en préambule qu’elle n’est pas historienne de l’art mais historienne tout court. Aussi s’intéresse-t-elle moins aux œuvres elles-mêmes qu’aux conditions historiques de leur production. Cette approche, quoique limitative, donne un très important volume qui apporte une grande quantité d’informations sur le système de formation des peintres belges, sur leurs voyages en Italie, leurs conditions de vie à Rome et les grands modèles qu’ils regardent et dont ils s’inspirent. On est frappé de constater les similitudes qui existent entre les artistes français et belges, la France constituant le grand modèle à imiter (création d’un prix de Rome par exemple). Très dense et documenté, ce livre souffre cependant un peu de sa distanciation avec l’œuvre d’art. Tous les artistes sont traités sur le même plan comme si tous se valaient. Un second volume, assez mince, contient les illustrations.

Christine A. Dupont, Modèles italiens et traditions nationales. Les artistes belges en Italie (1830-1914), Institut Historique belge de Rome / Brepols, 2005, 682 et 77 p., ISBN : 90-74461-54-9.

Lien vers l’éditeur Brepols

Itinéraires d’artistes à Semur-en-Auxoix

Ce livre est le catalogue d’une exposition qui s’est tenue au musée municipal de Semur-en-Auxois du 18 mars au 12 juin 2006. Elle réunissait une quarantaine de dessins, gravures, photographies et tableaux, par des artistes du XIXe et du XXe siècle, souvent peu connus, représentant des vues de la ville.

Collectif, De Corot à Marie. Itinéraires d’artistes à Semur-en-Auxoix, Ville de Semur-en-Auxois, 2006, 18 €. ISBN : 2-9515429-3-3.

Dictionnaire des fondeurs de bronze d’art France 1890-1950

Le titre de ce livre (publié en 2003, mais peu diffusé) est trompeur et en cache une partie de la richesse. Il n’est en effet pas uniquement consacré aux fondeurs du XXe siècle. S’intéressant à ceux actifs entre 1890 et 1850, il traite en réalité souvent de maisons dont l’origine remonte au début du XIXe siècle. On y trouvera donc tous les grands fondeurs de ce siècle, dont l’activité se poursuivit au delà de 1880, comme les Gonon (qui commencèrent à travailler dès 1804 avec Honoré, le fondateur de la dynastie), les Susse ou les Barbedienne. Le dictionnaire proprement dit est précédé d’un long essai retraçant l’histoire de l’art du bronze. Les historiens de la sculpture du XIXe, qui ont pu passer à côté de ce livre, ont donc toutes les raisons de se le procurer.

Elisabeth Lebon, Dictionnaire des fondeurs de bronze d’art France 1890-1950, 2003, 291 p., 90 €. ISBN : 1205060000.

Bonnard sculpteur, catalogue raisonné

Si Bonnard est un peintre bien connu et étudié, son œuvre de sculpteur était, jusqu’à présent, largement resté dans l’ombre. Ce livre réhabilite cette part de son activité en en faisant, dans un premier chapitre, l’étude stylistique et historique, puis en établissant la chronologie des éditions en bronze, et enfin en répertoriant d’une manière exhaustive la localisation des différents modèles.
Fortement influencé par Degas et Rodin, il est également proche de Camille Claudel (son aînée de trois ans) comme en témoigne par exemple son Surtout conservé au Musée d’Orsay.

Anne Pingeot, Bonnard sculpteur, catalogue raisonné, Musée d’Orsay / Nicolas Chaudun, 2006, 160 p., 35 €. ISBN : 2-35039-019-5.

ANNEES 30

L’empreinte d’une ville. Les grands décors valenciennois de Lucien Jonas

Jacques Jonas, le fils du peintre et décorateur des années 30 Lucien Jonas, fait preuve d’une grande générosité envers les musées français. Après Carnavalet, qui a bénéficié d’une importante donation en 2003 (voir l’article), le musée des Beaux-Arts de Valenciennes a reçu à son tour un grand nombre d’études préparatoires à des décors peints pour cette ville, dont un grand nombre a disparu au cours de la seconde guerre mondiale. Ce catalogue, qui accompagnait l’exposition présentant ces œuvres, fait revivre l’art de ce grand décorateur.

Collectif, L’empreinte d’une ville. Les grands décors valenciennois de Lucien Jonas, Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, 2006, 128 p., 22 €. ISBN : 2-35145-026-4.

CATALOGUES DE MUSEES

Peintures du Musée Lambinet à Versailles

L’intégralité du fonds de peinture du musée municipal de Versailles, soit 550 numéros, est reproduit dans ce catalogue sommaire accompagné de fiches techniques. Agréable à feuilleter, il permet au visiteur de fixer en mémoire une collection caractérisée par un petit ensemble nordique, quelques toiles italiennes baroques, un riche XVIIIe français avec une spécialisation sur la période révolutionnaire et certains courants du XIXe. La collection s’enrichit régulièrement depuis une trentaine d’années, par dons (voir brève du 19/5/06 sur la collection Guy), ou achats (François Boucher, voir brève du 25/4/06). Peu de surprises (et peu de réattributions), l’essentiel des beaux tableaux étant visible dans les salles permanentes, à l’exception d’une dizaine d’œuvres dues à des peintres d’histoire XIXe méconnus, élèves d’Ingres ou puristes, que l’amateur sera ravi de découvrir (provenant de la donation Eugène Asse de 1997 : Paul-Emile Destouches, Dedreux-Dorcy, Louis Gros-Claude, André Jollivard, Paul Jourdy, Emile Signol). Enfin, le catalogue servira de base à la connaissance de certains portraitistes ou paysagistes nés à Versailles ou y ayant résidé et dont le musée possède des fonds importants (Auguste-Alexandre Baudran, Pierre Boudet, Eugène Delaporte, Edmé-Adolphe Fontaine, Charles-Emile Lambinet, André Sureda). Jérôme Montcouquiol nous signale que le n° 550, présenté comme anonyme XVIIIe (?) est à mettre en rapport avec la Diseuse de bonne aventure de Charles-Antoine Coypel dont une version au pastel est passée récemment en vente publique.

Catherine Gendre, Peintures du Musée Lambinet à Versailles, Somogy Editions d’Art, 2006, 160 p., 42 €. ISBN : 2-85056-938-0.

Maniéristes du Nord dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Lille

Ce catalogue raisonné traite du maniérisme dans une acception très large, puisque que la première peinture étudiée, attribuée à Alberrt Jacobszoon, date du troisième tiers du XVe siècle, et que la dernière (un triptyque représentant Le martyre de Saint Pierre de Vérone est d’un flamand connu à Ypres entre 1616 et 1646, Jeremias Mittendorff, qui n’a en réalité pas grand chose à voir avec ce style. Peu importe après tout, l’essentiel étant bien de publier une partie de la collection du musée de Lille, l’un des plus importants en France. Notons au passage que les deux volets latéraux du retable de Mittendorff ont été acquis récemment, en 2001.

Sous la direction d’Alain Tapié, Maniéristes du Nord dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Lille, Somogy Editions d’Art, 96 p., 20 €. ISBN : 2-85056-837-6.

MANUELS

L’invention du corps

Il s’agit de la réédition, dans le cadre de l ’excellente collection Tout l’Art chez Flammarion, d’un texte paru en 1997. Nadeije Laneyrie-Dagen y étudie la représentation de l’homme, du Moyen Âge au début du XXe siècle, tant du point de vue théorique qu’iconographique ou simplement historique. Il ne s’agit cependant pas d’un parcours chronologique, mais d’un essai thématique s’attachant à comprendre les différentes significations symboliques et formelles de la figure humaine dans l’art. L’ouvrage est riche de nombreuses illustrations et d’un format très agréable.

Nadeije Laneyrie-Dagen, L’invention du corps, Flammarion, 288 p., 32 €. ISBN : 2-0801-1492-1.


Le Geste et l’Expression

Traduction d’un ouvrage italien, ce livre, qui prend la forme d’un guide iconographique, est publié dans la collection Guide des Arts, chez Hazan. Il tente de décrypter la signification des gestes et expressions dans l’art depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Très documenté, faisant référence aux textes anciens comme aux interprétations des historiens de l’art depuis le XIXe siècle, il peut être utile aussi bien pour les néophytes que pour les amateurs d’art plus chevronnés. Certains chapitres sont particulièrement savoureux, comme celui consacré aux Gestes obscènes, en dénichant certains détails picturaux qui pourraient échapper à une analyse superficielle.

Barbara Pasquinelli, Le Geste et l’Expression, Hazan, 368 p., 2006, 27 €. ISBN : 2-7541-0086-5.

PATRIMOINE - ARCHITECTURE

La Chapelle du couvent des Carmélites

Le Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis est abrité dans un ancien couvent de Carmélites. Publié par le musée, ce petit livre est consacré à la belle chapelle néo-classique, construite par Richard Mique. Les amateurs de sculpture apprécieront particulièrement la couverture photographique complète du décor, de belle qualité, dû au peu connu Joseph Deschamps (vers 1743-1788), qui travailla souvent avec Mique, notamment au Petit-Trianon à Versailles.

Sylvie Gonzalez et Laurence Groux, La Chapelle du couvent des Carmélites, Musée d’Art et d’Histoire, Saint-Denis, 2006, 48 p., 10 €. ISBN : 2-901433-58-8.

L’Ile-Bouchard et la vallée de la Vienne

Situé en Indres-et-Loire, en Touraine, le canton de L’Ile-Bouchard est le sujet de ce livre paru dans la collection Images du patrimoine qui a pour objet de publier une sélection d’objets et d’immeubles répertoriés par l’Inventaire Général. Cet album permet de découvrir plusieurs bâtiments intéressants. Les amateurs de peinture du XVIIe siècle pourront notamment y voir une belle Pietà, attribuée à Nicolas Prévost.

Martine Lainé, L’Ile-Bouchard et la vallée de la Vienne, Editions Lieux Dits, 2006, 128 p., 29 €. ISBN : 2-914528-20-5.

ESSAI

L’ennui des deux vénitiennes [sur un tableau de Carpaccio]

Ce court essai, à la lecture plaisante, plus littéraire que strictement d’histoire de l’art, se penche sur l’interprétation du tableau de Carpaccio Deux dames vénitiennes, conservé au Musée Correr, à Venise, dont on sait qu’il n’est en fait qu’un morceau d’une composition plus grande, dont le Musée Getty possède un autre fragment.

Edouard Dor, L’ennui des deux vénitiennes [sur un tableau de Carpaccio], sens&tonka, 2006, 78 p., 15 €. ISBN : 2-84534-146-6.

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